La pandémie de cette nouvelle maladie dénommée Covid-19, dont le nom abrégé, "Co" signifie "corona", "vi" pour "virus" et "d" pour "disease (maladie)" due au Coronavirus SARS-CoV-2 a engendré en ce début de mois de septembre selon le Johns Hopkins University près de 27 millions de cas,  863 260 décès dans le monde, dont 30 730 (au 5 septembre) en France. Le monde entier a été paralysé et de nombreux secteurs économiques continuent à vivre au ralenti. L’ampleur du choc sanitaire sur l’économie française est abyssalle : le PIB s’est contracté de 13,8% au deuxième trimestre et l’hexagone s’enfonce dans la récession [[1]]. Et pourtant nous avions déjà connu récemment une semblable pandémie mondiale, sans que cela ne fasse ni la une des journaux, ni ne détruise l’économie ou préoccupe la société. Ainsi celle due au virus de la grippe de Hong Kong (H3N2) avait causé un million de décès dans le monde entre 1968 et 1970, dont un peu plus de 31 000 en France et pourtant n’avait fait aucun vague [[2]]. En effet, à l’époque, les politiques et les médias l’ont quasi ignorée du fait sans doute du contexte de la Guerre froide associé à l’optimisme des Trente glorieuses (1945-1973), à l’après mai 68 et de sa dynamique de progrès. Pourtant, on observait de nombreuses fermetures d’écoles, d’administrations, de services, de commerces et aussi d’importantes perturbations dans les transports. Aucun confinement, aucune mesure sanitaire ne fut prise malgré l’afflux de malades graves [[3]]. Cependant, cette pandémie H3N2 de 1968 a permis de mobiliser les moyens pour renforcer les systèmes de surveillance, comme le réseau international de l’OMS qui le premier a sonné l’alarme pour Covid-19. Mais quelles que soient les mesures d’ordre sanitaires, préventives (distanciation, masque, etc) ou curatives (thérapie curative, vaccins, etc), elles ne pourront être efficaces que si les institutions internationales, la communauté médicale, les pouvoirs publics et la population même y sont préparés et y adhérent pleinement. Comme nous le montre cette pandémie, rien n’est gagné où on a navigué à vue sans cesse en fonction des certitudes des uns et des autres, louvoyant entre les « spécialistes » scientifiques, « spécialistes » politiques et « spécialistes » des médias rendant délicates et difficiles la planification des interventions et la volonté politique de tout mettre en œuvre.

Quoi qu’il en soit, le SNMAF n’est pas resté les bras croisés. En effet, mi-mars vous avez toutes et tous reçu un courriel de la Direction Générale de la Santé, nous indiquant les modalités de mise à disposition des masques pour les professionnels de santé exerçant dans les zones où le virus circulait activement. Ainsi, des masques chirurgicaux ou de norme FFP2, selon les indications et la disponibilité de ces derniers, étaient mis à la disposition des médecins et des infirmiers pour leur permettre d’assurer les prises en charge de patients. Le souci, c’est que rien n’arrivait, y compris dans les zones où l’épidémie flambait.. les médecins assumaient leur devoir en exposant leur santé. Ils travaillaient bien souvent sans masque et sans solution hydroalcoolique. Il fallut attendre mi-avril, soit quasiment un mois avant d’obtenir de votre officine votre quota de dix-huit masques chirurgicaux. Par contre, aucun masque FFP2 ne fut délivré, sauf exception !

Et devant la pénurie annoncée et la flambée des prix, le SNMAF décida donc de commander 5000 masques FFP2 sur le site stopCovid du Ministère Français de l'Économie et des Finances à un tarif raisonnable dès le mois d’avril 2020… que nous avons reçus.. mi juillet ! En effet, les masques furent commandés par un intermédiaire du Ministère en Chine, avec toutes les contraintes administratives possibles, en terme de dédouanement, de déchargement des masques à l’aéroport Roissy-CDG, etc..

Malgré tous les aléas, la commande est enfin parvenue à tous leurs destinataires. Ces masques serviront encore car à partir du 5 octobre 2020, la DGS stoppe les dotations et les médecins libéraux devront disposer d'un stock d'équipements de protection individuelle pour trois semaines, constitué à leurs frais.

Quoi qu’il en soit, le SNMAF n’est pas resté les bras croisés. Car si nous avons bien reçu les masques chirurgicaux, ceux-ci sont totalement insuffisants en protection pour nous, médecins acupuncteurs qui travaillont au plus près du corps du patient, même si les chirurgiens-dentistes ou les ORL sont bien plus à risque. Et le SNMAF qui a participé à l’élaboration du « Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des soins par acupuncture en période d’épidémie de coronavirus COVID-19 » en association avec le Collège Français d’Acupuncture (CFA-MTC, société savante d’acupuncture) sous la présidence du Dr Henri Yves Truong Tan Trung et la Fédération des Acupuncteurs pour leur Formation Médicale Continue (FA.FOR.MEC) sous la présidence du Dr Marc Martin, recommande le port du masque FFP2, surtout si vous examinez la langue [[4]].

Durant la période de confinement, le SNMAF a publié également sur le site www.acumedsyn.org les différentes mesures d’aide à l’accompagnement économique. De nombreux confrères ont pu ainsi disposer à partir du 30 avril d’une indemnisation par l’Assurance Maladie (amelipro), éventuellement du fonds de solidarité financé par l'Etat et les Régions (1500€).

Bref, comme vous l’avez compris, le SNMAF n’est pas resté les bras croisés et ne restera pas les bras croisés en cette période difficile qui risque de perdurer encore de longs mois.  

 


[1]. Fouquet C.  Chute historique du PIB de la France, à -13,8 % au deuxième trimestre. Les Echos. Publié le 31/07/2020. [Consulté le 03/09/2020]. Disponible à l’URL : https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/chute-historique-du-pib-de-la-france-a-138-au-deuxieme-trimestre-1227614.

[2]. GEO avec l’AFP.  La grippe de 1968, une pandémie qui n'a pas fait de vague. Publié le 05/05/2020 [Consulté le 03/09/2020]. Disponible à l’URL : https://www.geo.fr/histoire/la-grippe-de-1968-une-pandemie-qui-na-pas-fait-de-vague-200598.

[3]. Barry S, Fauré M.  Et la grippe de Hong-Kong s’abattit sur la France (1968 – 1970). Sud Ouest. Publié le 04/05/2020. [Consulté le 03/09/2020]. Disponible à l’URL : https://www.sudouest.fr/2020/05/04/et-la-grippe-de-hong-kong-s-abattit-sur-la-france-1968-1970-7458530-10275.php.

[4]. Truong Tan Trung HY, Bidon S, Clément P, Huchet A, Martin M, Nguyen J, Stéphan JM, Clotilde Royer C, Andrès G, Beaufreton P et al. Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des soins par acupuncture en période d’épidémie de coronavirus COVID-19. Acupuncture & Moxibustion. 2020;19(1):111-114. Publié sur le site du SNMAF le 06/05/2020. [Consulté le 03/09/2020]. Disponible à l’URL : https://www.meridiens.org/acumedsyn.org/images/Recommandation_CFA_Covid-06_05.pdf.