Couverture 7-1

Jean, F. Borsarello

 

Pionnier de l’Acupuncture, le Dr Jean, F. Borsarello a rejoint en cette fin d’année 2007 le panthéon des grands noms des acupuncteurs français au sein du Dao.

 

« Le principe qui peut être énoncé, n’est pas celui qui fut toujours. L’être

qui peut être nommé, n’est pas celui qui fut de tout temps. Avant les temps, fut

un être ineffable, innommable.

Alors qu’il était encore innommable, il conçut le ciel et la terre. Après

qu’il fut ainsi devenu nommable, il donna naissance à tous les êtres.

Ces deux actes n’en sont qu’un, sous deux dénominations différentes.

L’acte générateur unique, c’est le mystère de l’origine. Mystère des mystères.

Porte par laquelle ont débouché sur la scène de l’univers, toutes les

merveilles qui le remplissent.

La connaissance que l’homme a du principe universel, dépend de l’état de

son esprit. L’esprit habituellement libre de passions, connaît sa mystérieuse

essence. L’esprit habituellement passionné, ne connaîtra que ses effets.»

 

Lao-Tzeu - Livre I - Chapitre 1 par Léon Wieger S.J 

Couverture 14-3

Accouchement à Angkor Thom au 12e siècle

  

Accouchement à Angkor Thom au 12e siècle

Les galeries du « Bayon » sont ornées de sculptures qui décrivent la vie des Khmers ainsi que de nombreuses scènes de guerre. Temple central de l'ancienne ville d'Angkor Thom au Cambodge, capitale des souverains Khmers au début du XIIIe siècle, le « Bayon » est le dernier des « temples-montagnes » du site d'Angkor, bâti par Jayavarman VII (règne de 1181 à 1220), restaurateur de la puissance du royaume. Sa décoration est d'une exceptionnelle richesse, à l'apogée de l'art bouddhique mahāyāna. Sa structure compte cinquante-quatre tours ornées de deux-cent-seize visages monumentaux du Bodhisattva Avalokiteshvara qui expriment par un sourire distant, énigmatique à la fois la puissance, l’autorité et la bienveillance. Sous le règne de Jayavarman VIII, vers 1350, le temple fut ensuite converti à l'hindouisme.

Aidée par une matrone, une femme est ici en train d’accoucher. Ce bas-relief de la galerie extérieure sud, côté est du « Bayon » montre une scène bien connue d’accouchement à la khmer, une scène triviale de la vie courante qui tranche de celles de la vie spirituelle exprimée par toutes les nombreuses Apsaras, nymphes célestes d'une grande beauté, sorties de la littérature védique du Rig-Véda, mais aussi du Mahabharata, et qui ornent tant de murs d’Angkor Thom et d’Angkor Vat, le plus grand temple d’Angkor au Cambodge.

La médicalisation de l’accouchement que nous connaissons de nos jours l’est depuis les années 1930, suite à une baisse significative du nombre d'accouchements à la maison, de la concurrence des médecins dans le domaine de la grossesse et de l'augmentation du nombre de services d'obstétrique. La fin de l'accouchement à domicile avait commencé à cette époque en rapport avec la médicalisation de l’enfantement, et, la maternité comme un passage obligé [[1]]. Et si le renouveau de la sage-femme, comme profession indépendante et responsable de structure autonome dirigée par elles-mêmes, telles les Maisons de Naissance qui sont en expérimentation depuis 2013 [[2]], passait aussi par leur activité et savoir-faire en acupuncture. Lisez pour vous en convaincre l’article d’Amélie Gallet et Laura Levallois qui objectivent que l’acupuncture paraît être une bonne alternative dans l’induction du travail lors de la rupture prématurée des membranes à terme. Cela semble de ce fait, soutenir le processus naturel de l’accouchement, processus que l’on souhaite mettre en valeur dans ces Maisons afin d’éviter la surmédicalisation de la grossesse.

 

Jean-Marc Stéphan

 


[1]. Jacques B. De la matrone à l'obstétricien : quel partage des rôles pour les professionnels ? La santé de l’homme. 2007;391:20-22. [consulté le 05/09/2015]. Available from URL: http://www.inpes.sante.fr/slh/articles/391/02.htm.

[2]. Sénat. Loi autorisant l'expérimentation des maisons de naissance : Loi n° 2013-1118 du 6 décembre 2013 parue au JO n° 284 du 7 décembre 2013. [consulté le 05/09/2015]. Available from URL: http://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl10-548.html.

Couverture 6-1

Le Père Claude Larre

Le père Larre

Le Père Claude Larre, sj (1919-2001) était un homme et un sinologue remarquable. Il était l’héritier d’une longue tradition dans la Compagnie de Jésus. Matteo Ricci, jésuite italien, en 1601, avait ouvert la première mission catholique dans l’Empire Céleste, sous le règne de Wan-li. Claude Larre a été un des derniers jésuites à quitter la Chine révolutionnaire de Mao Zedong en 1952, l’année de son ordination à Shanghai. Fondateur de l’Institut Ricci de Paris en 1971, il a apporté une contribution déterminante à la réalisation des dictionnaires Ricci : le Dictionnaire français de la langue chinoise en 1976, le Dictionnaire Ricci des caractères chinois (13390 caractères singuliers, 3 volumes, en 1999) et le Grand Dictionnaire Ricci de la Langue Chinoise (300 000 expressions, 7 volumes, en 2001, une véritable encyclopédie), parus chez Desclée de Brouwer (DDB). Cette œuvre monumentale est le fruit d’un travail collectif sur plus de 50 ans : de nombreux érudits sinologues dont Yves Raguin, sj (à l’origine également des projets), Jean Lefeuvre, sj (spécialiste international des inscriptions archaïques), Élisabeth Rochat de la Vallée (qui publie dans ce même numéro une partie du futur Dictionnaire des Termes Médicaux Chinois, déclinaison spécialisée des grands dictionnaires) et bien d’autres… Co-fondateur de l’École Européenne d’Acupuncture en 1976 (avec le Dr Jean Schatz et Élisabeth Rochat de la Vallée, auteurs ensemble d’«Aperçus de la Médecine Chinoise Traditionnelle »), il a contribué à initier de nombreux praticiens aux subtilités de la médecine chinoise et de l’acupuncture. L’intelligence teintée d’humour, la clarté des textes et des enseignements, ont marqué toute une génération. Ses traductions du Dao De Jing (Tao Te King), Éditions DDB et « Les Chinois, Esprit et comportement des Chinois comme ils se révèlent par leurs livres et dans leur vie, des origines à la fin de la dynastie Ming (1644) » aux Éditions Lidis, en sont deux beaux exemples.

Dr Patrick Sautreuil

Bibliographie du Père Claude Larre concernant la Médecine Chinoise

Aperçus de médecine chinoise traditionnelle, J. Schatz, C. Larre, E. Rochat de la Vallée, réédition. Guy Trédaniel Éditeur, juin 2006.

La vie, la médecine et la sagesse, réédition de "Suwen les 11 premiers chapitres", C. Larre, E. Rochat de la Vallée, Cerf 2005.

Les mouvements du cœur, psychologie des Chinois, Lingshu, ch. 8, C. Larre, E. Rochat de la Vallée, réédition DDB 2006

Les énergies du corps, J. Schatz, C. Larre, E. Rochat de la Vallée, Ed. So-Wen  (épuisé)

La Voie du Ciel - la médecine chinoise traditionnelle, C. Larre, DDB 1987

Les Chinois Esprit et comportement des Chinois comme ils le révèlent par leurs livres et dans leur vie, des origines à la fin de la dynastie Ming (1644), C. Larre,  Éditions Lidis, Paris, 1981-1982

© Acupuncture & Moxibustion 6(1) janvier-mars 2007