Constipation – bouffées de chaleur – eczéma atopique – neuropathie diabétique

Epices – Amman – Jordanie
Epices – Amman – Jordanie

L’acupuncture est efficace dans la constipation fonctionnelle

Amélioration de la qualité de vie des patients (p<0,00001 ; SMD=−0,73 ; IC à 95%=−1,02 à −0,44 ; I2=64%). Notons néanmoins une hétérogénéité élevée avec un indice de Higgins I² à 64%. Notons toutefois que l’effet de l’acupuncture est modéré car la SMD est à -0,73 et selon ce qui est couramment admis, l’effet d’un traitement ou d’une intervention est faible si la SMD est supérieure à 0,2 et inférieure à 0,3, modéré si la SMD est entre 0,3 et 0,8 ; et important ou fort si SMD > 0,8. Notons aussi qu’en raison de ‎‎l’hétérogénéité substantielle (p<0,1 ou I²‎>50%), la SMD (différence moyenne standardisée) à modèle aléatoire a été utilisé pour analyser les données. Dans le cas contraire, un modèle à effet fixe aurait été appliqué (c.-à-d. si p>0,1 ou I‎2 < 50%).

La constipation fonctionnelle est l’un des troubles intestinaux courants qui affecte environ 14% de la population adulte dans le monde. Les symptômes les plus fréquents retrouvés sont une diminution de la fréquence de défécation, des selles difficiles, des sentiments d’évacuation incomplète et un inconfort abdominal. Cela engendre un impact négatif très important sur la qualité de vie et augmente les coûts économiques. Le but donc de cette étude était d’évaluer l’efficacité et l’innocuité de l’acupuncture dans la constipation fonctionnelle.

Une recherche documentaire rigoureuse a été effectuée en anglais (PubMed, Web of Science, Cochrane Library et EMBASE) et en chinois (China National Knowledge Infrastructure (CNKI), chinese biological medical (CBM), wanfang database, et China Science and Technology Journal (VIP)) bases de données électroniques depuis leur création jusqu’en octobre 2019. Ont été inclus des essais comparatifs randomisés (ECR) comparant l’acupuncture à l’acupuncture simulée ou aux thérapies pharmacologiques.

Les données concernant 28 ECR (n=3525) ont objectivé que l’acupuncture était efficace dans la constipation fonctionnelle en augmentant les selles spontanées complètes (p<0,00001 ; différence moyenne à modèle fixe MD=0,84 ; Intervalle de confiance IC à 95%=0,65 à 1,03 ; I2=0%) et l’amélioration des symptômes de constipation (p=0,03; différence moyenne standardisée SMD=−0,4 ; IC à 95% =−0,78 à −0,03 ; I2=74%), amélioration de la formation des selles (p<0,00001; MD=0,24 ; IC à 95 %=0,15 à 0,34 ; I2=0%), qualité de vie améliorée également (p<0,00001; MD=−0,33 ; IC à 95%, −0,45 à −0,21), et taux de réponse (p=0,02 ; risque relatif RR=2,16 ; IC à 95%, 1,1 à 4,24 ;  I2=69%) par rapport aux effets du traitement simulé. Aucun risque accru d’effets indésirables n’a été observé (p=0,44 ; RR=1,18 ; IC à 95%= 0,77 à 1,81 ; I2=0%). En ce qui concerne les comparaisons versus médicaments, les données recueillies ont indiqué que l’acupuncture était plus efficace pour augmenter les selles spontanées complètes (p=0,004 ; MD=0,53 ; IC à 95%=0,17 à 0,88 ; I2=88%) et améliorer la qualité de vie des patients (p<0,00001 ; SMD=−0,73 ; IC à 95%=−1,02 à −0,44 ; I2= 64%), avec une hétérogénéité élevée. Toutefois, il n’y avait pas de différences significatives pour le taux de réponse (p=0,12 ; RR=1,31 ; IC à 95%=0,94 à 1,82 ; I2=53% ; ou le score de symptômes de constipation (p=0,05 ; SMD=−0,62 ; IC à 95%=−1,23 à −0,01 ; I2=89%). En ce qui concerne l’évaluation de l’innocuité, l’acupuncture était plus sûre que les laxatifs utilisés (p<0,0001 ; RR=0,3 ; IC à 95%=0,18 à 0,52 ; I2 = 30%).

Les preuves actuelles suggèrent que l’acupuncture est un traitement efficace et sûr pour la constipation fonctionnelle. L’acupuncture a augmenté la fréquence des selles, amélioré la formation des selles, atténué les symptômes de constipation et amélioré la qualité de vie. Cependant, la qualité des preuves est relativement faible et la relation entre l’acupuncture et les médicaments n’est pas claire. D’autres essais de haute qualité sont recommandés à l’avenir. 

Wang L, Xu M, Zheng Q, Zhang W, Li Y. The Effectiveness of Acupuncture in Management of Functional Constipation: A Systematic Review and Meta-Analysis. Evid Based Complement Alternat Med. 2020 Jun 17;2020:6137450.


Bouffées de chaleur en période de ménopause : l’efficacité de l’acupuncture dans la vie réelle est supérieure à celle observée dans les essais cliniques

 Aiguilles d’acupuncture placebo : de gauche à droite : Park, Takakura et Streitberger.

La détermination du placebo est importante dans tous les types d’essais cliniques comparatifs randomisés (ECR), afin que participants et investigateurs restent « aveugles » à leur groupe d’affectation. Un placebo est par définition un traitement qui est physiologiquement inerte et imite le verum afin de réduire le risque potentiel de biais.

La critique des contrôles simulés d’acupuncture a déjà été soulevée dans le passé parce que l’acupuncture simulée ne serait pas neutre. Elle ne peut pas être physiologiquement inerte, que la peau soit pénétrée ou pas. Tous les types de technique d’acupuncture simulée stimulant la peau provoquent ainsi l’activation d’un nerf afférent qui pourrait induire de nombreuses réactions, y compris une réponse limbique au niveau du cerveau.

Dans cette méta-analyse préliminaire en réseau d’études (Corée, Royaume-Uni, Norvège), les chercheurs ont comparé les effets respectifs de l’acupuncture verum sur les bouffées de chaleur de la ménopause dans des ECR utilisant les deux types de traitements factices principalement utilisés depuis des décennies : aiguilles insérées de façon superficielle sans recherche de deqi ou dispositifs d’acupuncture factices qui ne pénètrent pas la peau.

Les bases de données incluant Medline, Embase, Cochrane Library et AMED ont été consultées jusqu’en mars 2017. Huit ECR sont retenus pour la méta-analyse préliminaire. Les critères d’évaluation sont les scores de gravité des bouffées de chaleur. Les ECR portent sur des femmes en bonne santé, en périménopause ou en postménopause souffrant de bouffées de chaleur. Le comparateur sélectionné comme comparateur commun pour le réseau méta-analyse est un contrôle par rapport aux femmes inscrites sur la liste d’attente. Seule l’acupuncture manuelle est retenue, les études utilisant l’électroacupuncture sont exclues de la méta-analyse.

Les auteurs objectivent que les ECR d’acupuncture réalisés dans la vie réelle versus groupe témoin avec puncture superficielle sans deqi présentent une efficacité plus importante que ceux réalisés avec des dispositifs placebo simulés dans le groupe témoin (SMD : −7,27 : IC à 95%= -9,11 à -5,43).

L’effet de l’acupuncture placebo est beaucoup plus important que l’effet d’autres types d’intervention placebo. L’acupuncture simulée entraîne un effet au-delà de celui d’un placebo. Ainsi, l’efficacité de l’acupuncture est souvent sous-estimée en raison d’une différence peu significative entre l’acupuncture et les traitements placebo, ce qui pourrait conduire à la conclusion erronée de « non-effet » de l’acupuncture, d’où perte d’informations sur le bénéfice réel de l’acupuncture.

 Kim TH, Lee MS, Alraek T, Birch S. Acupuncture in sham device controlled trials may not be as effective as acupuncture in the real world: a preliminary network meta-analysis of studies of acupuncture for hot flashes in menopausal women. Acupunct Med. 2020 Feb;38(1):37-44.

Carretera 12 - Bogota - Colombie
Carretera 12 – Bogota – Colombie

Eczéma atopique et acupuncture : une amélioration globale des symptômes est possible

Le but de la méta-analyse est d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’acupuncture chez les patients atteints d’eczéma atopique. Treize bases de données explorées depuis leur création jusqu’au 31 juillet 2018 ont permis de sélectionner des essais comparatifs randomisés (ECR). L’acupuncture est comparée à : aucun traitement, acupuncture simulée, médecine conventionnelle, acupuncture associée à la médecine conventionnelle. Les auteurs ont exclu : moxibustion, injection de substances au niveau des points d’acupuncture traditionnels, acupuncture laser, ventouses, saignements ou thérapie combinant acupuncture et plantes chinoises. Les formes d’acupuncture suivantes ont été retenues pour l’analyse : acupuncture corporelle, acupuncture du cuir chevelu, de l’oreille, acupuncture manuelle, électroacupuncture, acupuncture et moxibustion, utilisation du marteau fleur de prunier, utilisation combinée de différentes formes d’acupuncture.

Un total de huit ECR a été retenu pour la méta-analyse. L’âge des 434 participants varie de 18 à 70 ans et la durée d’évolution de l’EA de 6 mois à 35 ans. Les points d’acupuncture les plus utilisés ont été 13V (feishu, 3/8 ECR, 37,5%) et 20V (pishu, 3/8 ECR, 37,5%). Les autres points utilisés dans les huit ECR (dont 7 publiés en chinois) sont détaillés ci-après :

ECRPoints utilisés pour traiter l’eczéma atopique
Pfab et coll. (2011)11GI (quchi), 4GI (hegu), 36E (zusanli), 10Rt (xuehai)
Zou (2016)Points ashi (dans la zone de l’éruption cutanée), 9VG (zhiyang), 20V (pishu)
Wang (2011)Points ashi (dans la zone de l’éruption cutanée), 13V (feishu), 20V (pishu)
Liang (2016)Points ashi (dans la zone de l’éruption cutanée), 11GI (quchi), 36E (zusanli), 6Rt (sanyinjiao), 9Rt (yinlingquan), 10Rt (xuehai), 4GI (hegu), 5F (ligou), 31VB (fengshi)
Liu (2017)Points ashi (dans la zone de l’éruption cutanée)
Jiao et coll. (2015)Points ashi (dans la zone de l’éruption cutanée), 13V (feishu), 15V (xinshu), 17V (geshu), 18V (ganshu), 20V (pishu), 23V (shenshu), 9VG (zhiyang), 4 VC (mingmen)
Jia & Jin (2016)Points ashi (dans la zone de l’éruption cutanée), 25E (tianshu), 11GI (quchi), 10Rt (xuehai), 13V (feishu), 31VB (fengshi)
Li et coll. (2018)Points ashi (dans la zone de l’éruption cutanée), 15E (wuyi), 67V (zhiyin)

D’après les résultats combinés de six ECR, l’acupuncture est meilleure que la médecine conventionnelle pour réduire la zone d’eczéma et l’indice de gravité (MD=−1,89 : IC à 95% −3,04 à −0,75 ; I2=78%).

Les résultats combinés de sept ECR ont montré que l’acupuncture était meilleure que la médecine conventionnelle en ce qui concerne l’amélioration globale des symptômes (RR=1,59 ; IC à 95% 1,20 à 2,11 ; I²= 55%). Aucun événement indésirable grave lié à l’acupuncture n’a été rapporté. Néanmoins, les données disponibles sont insuffisantes pour suggérer que l’acupuncture seule est efficace pour améliorer la qualité de vie et le taux de récidive du fait d’une grande hétérogénéité. De surcroît, les ECR inclus avaient de nombreuses limitations méthodologiques, comme le manque d’acupuncteurs ou de participants en aveugle, pas de groupe témoin, etc. Davantage d’essais de haute qualité méthodologique impliquant des échantillons de plus grande taille sont nécessaires donc pour confirmer les effets de l’acupuncture dans l’eczéma atopique.

Jiao R, Yang Z, Wang Y, Zhou J, Zeng Y, Liu Z. The effectiveness and safety of acupuncture for patients with atopic eczema: a systematic review and meta-analysis. Acupunct Med. 2020 Feb;38(1):3-14. 


Prévention de la constipation post-partum : grande pénurie d’ECR en acupuncture 

Bien que l’acupuncture selon la méta-analyse de Wang et coll. (Voir ci-dessus) paraisse efficace dans la constipation, cela ne peut s’appliquer à la constipation post-partum. En effet, celle-ci, entraînant douleur ou inconfort, fatigue et selles dures, est fréquente chez les femmes venant d’accoucher et peut être aggravée par les hormones de grossesse, les médicaments utilisés pour traiter l’anémie ferriprive, les hémorroïdes, la douleur au site de l’épisiotomie. Une alimentation riche en fibres et une augmentation de l’apport hydrique peuvent aider un transit paresseux.

Dans la littérature, sont retrouvés concernant la constipation post-partum, un ECR publié en juillet 2019 en langue chinoise [1] et une revue Cochrane mise à jour en 2020 par des auteurs en Afrique du Sud [2]. La publication chinoise porte sur l’effet post-opératoire de l’acupuncture auriculaire sur la primipare avec césarienne. L’ECR a inclus cent-vingt participantes réparties de façon aléatoire en un groupe traité par acupuncture auriculaire et un groupe témoin, soixante participantes dans chaque groupe. Le traitement de routine et les soins après la chirurgie ont été dispensés dans les deux groupes.

Les points suivants ont été sélectionnés : penqiang (TF5), shenmen (TF4), jiaogan (AH6a), pizhixia (AT4), neishengzhiqi (TF2), pi (CO13), wei (CO4). L’acupuncture a été réalisée tous les deux jours pendant cinq jours.

Les résultats ont montré que l’acupuncture auriculaire permet de soulager efficacement la douleur et l’épuisement post-partum chez les primipares avec césarienne, et raccourcir les jours d’hospitalisation. Elle réduit l’incidence des complications telles que constipation, rétention urinaire et hémorragie post-partum. Malheureusement, cette étude est en langue chinoise, d’où la difficulté d’étudier la méthodologie.

Portant uniquement sur les interventions dans la prévention de la constipation post-partum, deux auteurs de la revue Cochrane [2] ont indépendamment examiné les résultats d’une recherche dans le registre des revues Cochrane sur la grossesse et l’accouchement et dans le registre d’essais ClinicalTrials.gov, ainsi que la plateforme d’enregistrement international des essais cliniques de l’OMS (ICTRP) jusqu’au 7 octobre 2019. Tous les types d’ECR et formes de traitement de prévention de la constipation post-partum ont été éligibles qu’ils soient pharmacologiques (laxatifs) ou non (acupuncture, éducation comportementale, etc.). Aucun essai relatif à l’acupuncture n’a été identifié.

Dans la revue Cochrane 2020, les auteurs ont inclus cinq essais sur les laxatifs (1208 mères post-partum), dont quatre ont été publiés il y a plus de 40 ans. Selon eux, ces essais sont mal rapportés, et présentent un risque élevé de biais de sélection et d’attrition.

Comme conclusion concernant les perspectives d’étude pour les ECR à venir, les auteurs ont insisté sur l’importance du recueil des données suivantes : incidence de la constipation du post-partum, douleur ou effort de défécation, intervalle de temps entre l’accouchement et la première selle, qualité de vie, nausées, vomissements, douleur, flatulences. Nous sommes donc tous en attente d’un ECR de haute qualité méthodologique.

 1.Yang GY, Chen QZ, Fu HY, Chen CH. [Effect of auricular acupuncture on postpartum rehabilitation of primipara with cesarean]. Zhongguo Zhen Jiu. 2019 Jul 12;39(7):717-20.

2. Turawa_EB, Musekiwa_A, Rohwer_AC. Interventions for preventing postpartum constipation. Cochrane Database of Systematic. Reviews 2020, Issue 8. Art. No.: CD011625.

Temple Pashupatinath – Crémations au bord de la rivière Bagmati – Katmandou – Népal
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Efficacité de la moxibustion dans le traitement de la neuropathie périphérique diabétique 

Six études portant sur 461 patients ont objectivé une amélioration de la vitesse de conduction nerveuse sensitive du nerf fibulaire versus groupe témoin (MD=3,57 ; IC à 95% 2,06 – 5,09, p<0,00001). Mais il existe une grande hétérogénéité I²=89% du fait sans doute de l’absence de détails spécifiques sur l’instrument et le type de traitement de moxibustion utilisé dans l’étude Zheng.

La neuropathie périphérique est l’une des complications chroniques courantes du diabète de type 2 du fait de l’incidence croissante des diabétiques. La prévalence de la neuropathie chez les patients atteints de diabète est d’environ 30%. La neuropathie périphérique diabétique est une polyneuropathie symétrique distale qui est caractérisée par une prédominance sensitive des troubles (perte du tact, baisse de la vibration et de la position) et atteinte des petites fibres nerveuses (perte des sensibilités thermo-algésiques et dysautonomie avec anhidrose). Les troubles sensitifs commencent symétriquement aux pieds, puis atteignent ensuite le bout des doigts, puis toute la main pouvant s’étendre aux bras puis dans les formes sévères, la face antérieure du tronc. Les douleurs sont souvent nocturnes, avec une impression de brûlures, un certain degré d’insensibilité et d’allodynies, etc. Cela peut facilement conduire à des conditions telles que le pied diabétique, ulcère du pied, et l’amputation, ajoutant un fardeau supplémentaire pour les soins de santé publique. Le contrôle de la glycémie et des risques cardiovasculaires est maintenant considéré comme vital dans la prise en charge des patients atteints de diabète de type 2. Les traitements usuels des symptômes douloureux sont les antidépresseurs tricycliques qui peuvent donner de bons résultats, mais des effets secondaires non négligeables ; la gabapentine peut également aider dans certains cas ainsi que la prégabaline et la duloxétine mais toujours avec des effets secondaires. Des opiacés et la capsaïcine topique peuvent également être utilisés. De fait, l’efficacité de la médecine occidentale est souvent faible et limitée.

La moxibustion a donc été évaluée dans cette méta-analyse en termes d’efficacité et d’innocuité en suivant les directives prisma.

Huit bases de données électroniques ont été consultées jusqu’au 1er juin 2019. Ont été inclus des essais comparatifs randomisés (ECR) appliquant la moxibustion avec une durée minimale de traitement de quatorze jours chez des diabétiques avec neuropathie comparés à des groupes placebo, à aucune intervention, ou interventions conventionnelles de la neuropathie. Le critère de jugement principal incluait la vitesse de conduction du nerf sensitive (SNCV) et la vitesse de conduction de nerf moteur (MNCV). A été utilisé l’outil des risques de biais de la Cochrane Collaboration afin d’évaluer la qualité méthodologique des ECR éligibles.

Au total, onze ECR ont été inclus (n=927 patients). Par rapport au groupe témoin, on observe une augmentation de la MNCV du nerf médian (MD=6,26 ; IC à 95% 2,64 à 9,89, p=0,0007) et de la MNCV du nerf fibulaire (MD=6,45 ; IC à 95% 5,30 à 7,61 ; p<0,00001). Il y a également eu une augmentation du SNCV du nerf médian (MD=6,64 ; IC à 95% 3,25 à 10,03, p=0,0001) et du SNCV fibulaire (MD=3, 57, IC à 95% 2,06 – 5,09 ; p< 0,00001) dans les groupes de traitement versus groupe témoin. Les groupes de moxibustion ont indiqué également une amélioration plus significative du taux d’efficacité total (RR=0,25 ; IC à 95% 0,18-0,37 ; p<0,00001). Dix études n’ont pas mentionné d’effets indésirables.

En conclusion, la moxibustion peut être une option efficace et sûre pour des patients souffrant de neuropathie diabétique mais doit être confirmé par d’autres études rigoureuses. 

Tan Y, Hu J, Pang B, Du L, Yang Y, Pang Q, Zhang M, Wu Q, Zhang Y, Ni Q. Moxibustion for the treatment of diabetic peripheral neuropathy: A systematic review and meta-analysis following PRISMA guidelines. Medicine (Baltimore). 2020 Sep 25;99(39):e22286.

Stéphan JM, Brignol TN. L’acupuncture est efficace dans la constipation fonctionnelle. Acupuncture & Moxibustion. 2020;19(2):224-229.

Hypogalactie – Engorgement mammaire – Dysphagie post-AVC – Pneumonie symptomatique – Effet anti-inflammatoire


Bahrain World Trade Center – deux tours jumelles 240 mètres de haut construite en 2008 – Manama – Bahreïn
Bahrain World Trade Center – deux tours jumelles 240 mètres de haut construite en 2008 – Manama – Bahreïn

L’électroacupuncture améliore l’hypogalactie en suites de couches

Depuis l’état des lieux réalisé en 2011 ( note 1), peu d’essais comparatifs randomisés (ECR) concernant l’hypogalactie sont parus dans la base de données Pubmed de la National Library of Medicine américaine qui référence à ce jour près de 19 000 études sur l’acupuncture et techniques associées. En fait, un seul ECR est référencé à ce jour [1] mais aussi un protocole d’un ECR pour hypogalactie post-césarienne [2]. Il s’agit d’un ECR en langue chinoise dont l’objectif est d’observer l’effet de l’électroacupuncture au point shaoze (1IG) sur le volume du lait maternel, la densité énergétique et la composition nutritive lors de l’hypogalactie en post-partum.
Comme dans les précédentes études déjà décrites1, on retrouve deux groupes randomisés avec un groupe témoin (n=31) avec puncture du point shangyang (1GI), point non indiqué dans l’hypogalactie ; et le groupe d’électroacupuncture (n=31) avec stimulation du point shaoze (1IG). L’EA, réalisée avec l’appareil G6805 (Shanghai Medical Electronic Apparatus Co) est appliquée à la fréquence de 10 Hz (durée de l’impulsion 500µs) pendant une durée de 30 minutes cinq fois par semaine durant un mois.
Les auteurs observent que par rapport aux valeurs avant le traitement d’EA, le volume du lait maternel, les modifications de la composition nutritive du lait (avec davantage de lactose et de protéines) et la densité énergétique sont augmentés de manière statistiquement significative dès la première semaine de traitement (p<0,05). Après trois semaines, on objective en plus des lipides dans la composition nutritive par rapport aux valeurs avant le traitement (p<0,05) mais aussi versus le groupe témoin (p<0,05).
Dans le groupe témoin, à une puis trois semaines, seul le volume de lait maternel a été augmenté par rapport à celui observé avant le traitement (p <0,05).
Le taux effectif d’efficacité était statistiquement significatif (p<0,05) avec un pourcentage de 92,9% (26 femmes sur 28) dans le groupe EA par rapport au groupe témoin à 17,9% (5/28).
On notera aussi dans une autre étude chinoise analysant 120 études cliniques sur l’hypogalactie, que le point shaoze (1IG) est le point le plus couramment utilisé dans les différents protocoles et se combine souvent avec quatre autres points danzhong (17VC), rugen (18E), zusanli (36E) et taichong (3F). Ils sont considérés comme le traitement de base de l’hypogalactie. En ajoutant d’autres points selon le principe de la différenciation des syndromes (zheng) qui distingue l’hypogalactie de type Plénitude (stase du qi du Foie) de celle de type Vide (Vide de qi et de Sang), principalement due à une carence de l’Estomac et du chongmai1, on traite efficacement l’hypogalactie en suites de couches [3].
Enfin pour terminer, il est possible aussi d’aider ces femmes par auto-acupression des points d’acupuncture comme le suggèrent un ECR iranien de 2015 (massage trois fois par jour 2 à 5 minutes, douze jours consécutifs) de shaoze 1IG, hegu 4GI et jianjing 21VB) [4] et un ECR chinois de 2018 (shanzhong 17VC, rugen 18E, wuyi 15E, qimen 14F, fuliu 7R et zusanli 36E à masser 1 mn au 3e jour et pendant cinq jours consécutifs) [5].

Références

  1. Su WW, Gao XA, Tian JS. [Effect of electroacupuncture at Shaoze (SI 1) on breast milk volume and composition in postpartum hypogalactia]. Zhongguo Zhen Jiu. 2020 Jan 12;40(1):13-6. Chinese. doi: 10.13703/j.0255-2930.20190107-0001. PMID: 31930892.
  2. Li D, Jiang Y, Ma X, Li Q, Chu X, Zhong W, Deng X, Yang X. The effect of pestle acupuncture for patients with lactation insufficiency after cesarean section: Study protocol for a randomized controlled trial. Medicine (Baltimore). 2021 Jan 22;100(3):e23808.
  3. Fan ZL, Yang MF, Yin RP, Song LQ. [Exploration on the acupoint selection rule for the treatment of postpartum hypogalactia with acupuncture and moxibustion based on the set visualization analysis system]. Zhongguo Zhen Jiu. 2020 Oct 12;40(10):1138-42.
  4. Esfahani MS, Berenji-Sooghe S, Valiani M, Ehsanpour S. Effect of acupressure on milk volume of breastfeeding mothers referring to selected health care centers in Tehran. Iran J Nurs Midwifery Res. 2015 Jan-Feb;20(1):7-11.
  5. Zhu Y, Liu Y, Quan X. [Application of acupoint massage in postpartum hypogalactia in puerpera]. Zhongguo Zhen Jiu. 2018 Jan 12;38(1):33-7.

[ note 1]. Stéphan JM. L’acupuncture en suite de couches : l’hypogalactie. Acupuncture & Moxibustion. 2011;10(4):254-260. Disponible à l’URL : https://www.meridiens.org/acuMoxi/dixquatre/hypogalactie.pdf.


L’acupuncture doit encore faire ses preuves dans l’engorgement mammaire

Guasha 刮痧 en bois. C’est un accessoire en bois de forme plate aux courbes douces qui offre une parfaite prise en main pour le massage. « On exécute un grattage par des mouvements de va-et-vient avec un racloir sur une peau enduite ou non d’huile. Le but de cette technique est de libérer la surface des agents pathogènes, rétablissant ainsi la circulation de l’Énergie et du Sang2 ».

D’un point de vue historique, on a décrit au XVIIIe siècle la « fièvre de lait », caractérisée par une tension mammaire et une forte fièvre qui survient autour du troisième jour suivant l’accouchement lors de la « montée du lait » et qui peut être le résultat de l’évolution d’une stase laiteuse résultant d’une mauvaise évacuation. Elle peut survenir dans un contexte d’une congestion mammaire peu après l’accouchement, ou à n’importe quel moment, si l’enfant ne tète pas le lait produit par une partie ou l’ensemble du sein. L’engorgement des seins est associé à des seins durs, douloureux, lancinants et sensibles qui peuvent entraîner chez les femmes un besoin d’analgésie au risque de développer une mammite ou d’arrêter temporairement ou définitivement l’allaitement. De ce fait, bien souvent, elles ne souhaitent pas persévérer au-delà des premiers jours après la naissance.

En 2011, un état des lieux sur l’engorgement mammaire (note 2) avait analysé les ECR disponibles ainsi que la méta-analyse Cochrane de 2010 [1]. Cette revue Cochrane avait ainsi évalué à partir de huit ECR (n=774) toutes les techniques (application de froid ou de chaud, de feuilles de choux, ocytocine, ultrasons, comprimés de complexe protéolytiques et enfin acupuncture). Cette étude Cochrane avait aussi le mérite d’analyser les deux ECR suédois de Kvist [2,3] alors que l’étude Cochrane de Becker en 2016 ignorait l’acupuncture [4]. On observait donc dans la Cochrane de Mangesi et coll. [1] chez les femmes recevant l’acupuncture versus soins habituels une plus grande amélioration des symptômes à partir du 4e jour (RR= 0,82 ; IC95% 0,82 [0,69-0,96], p=0,0014) et qui restait encore significative (p=0,041) au 5e jour. Néanmoins les auteurs concluaient qu’on ne disposait pas de preuves suffisantes émanant d’essais bien conçus pour justifier une large utilisation de l’intervention.

Une mise à jour de 2016 confirmait que bien que certaines interventions telles que les compresses chaudes ou froides, la thérapie guasha, l’acupuncture, les feuilles de chou et les enzymes protéolytiques puissent être prometteuses pour le traitement de l’engorgement mammaire pendant l’allaitement, les données probantes issues d’études publiées sur toutes les interventions étaient  encore insuffisantes pour justifier une implantation généralisée [5].

Pourtant, comme le signalaient Phan-Choffrut et coll. au décours d’un séjour à Taiwan, la pratique de l’acupuncture et des massages (surtout guasha) est bien utilisée dans l’engorgement mammaire (note 2).

Enfin, l’ultime mise à jour de la revue de la Cochrane de 2020 sur l’engorgement mammaire a inclus 21 études (2170 femmes randomisées) menées dans différents contextes. Les essais ont porté sur un éventail d’interventions : feuilles de chou, diverses compresses à base de plantes (gingembre, cactus et aloès, rose trémière), massage (manuel, électromécanique, Oketani), acupuncture, ultrasons, acupression, thérapie par grattage, compresses de froid et traitements médicaux (serrapeptase, protéase, ocytocine) [6]. Il en ressort encore une fois qu’il existe peu de preuves cohérentes sur les divers types de traitements existants pratiqués à ce jour, incluant l’acupuncture. Pour l’acupuncture, ils se basaient sur les protocoles détaillés de trois essais relatifs à l’acupuncture : les deux ECR suédois [2,3] et un protocole d’une étude pilote taïwanaise [7] enregistrée en 2017 dans ClinicalTrials.gov (essai NCT03230760) mais qui fut exclus de la méta-analyse. Dans les résultats secondaires, il était rapporté encore le risque plus faible de pyrexie dans le groupe acupuncture par rapport au groupe de soins habituels (RR 0,82, IC à 95% 0,72 à 0,94 ; (n=210).

 Références

  1. Mangesi L, Dowswell T. Treatments for breast engorgement during lactation. Cochrane Database Syst Rev. 2010 Sep 8;(9).
  2. Kvist LJ, Wilde Larsson B, Hall-Lord ML, Rydhstroem H. Effects of acupuncture and care interventions on the outcome of inflammatory symptoms of the breast in lactating women. Int Nurs Rev. 2004 Mar;51(1):56-64.
  3. Kvist LJ, Hall-Lord ML, Rydhstroem H, Larsson BW. A randomised-controlled trial in Sweden of acupuncture and care interventions for the relief of inflammatory symptoms of the breast during lactation. Midwifery. 2007 Jun;23(2):184-195.
  4. Becker GE, Smith HA, Cooney F. Methods of milk expression for lactating women. Cochrane Database Syst Rev. 2016 Sep 29;9(9):CD006170. doi: 10.1002/14651858.CD006170.pub5. PMID: 27684560; PMCID: PMC6457747.
  5. Mangesi L, Zakarija-Grkovic I. Treatments for breast engorgement during lactation. Cochrane Database Syst Rev. 2016 Jun 28;2016(6):CD006946. doi: 10.1002/14651858.CD006946.pub3. Update in: Cochrane Database Syst Rev. 2020 Sep 18;9:CD006946. PMID: 27351423; PMCID: PMC7388926.
  6. Zakarija-Grkovic I, Stewart F. Treatments for breast engorgement during lactation. Cochrane Database Syst Rev. 2020 Sep 18;9(9):CD006946. doi: 10.1002/14651858.CD006946.pub4. PMID: 32944940; PMCID: PMC8094412.
  7. NCT032307602017 {published data only} NCT03230760. Acupuncture for breast engorgement during lactation: a pilot study. //clinicaltrials.gov/ct2/show/

Bahrain World Trade Center – by night – Manama – Bahreïn
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[1]. Stéphan JM. L’acupuncture dans l’engorgement mammaire et la mastite. Acupuncture & Moxibustion. 2011;10(3):180-185. Disponible à l’URL : https://www.meridiens.org/acuMoxi/dixtrois/STEPHAN_mastite.pdf.

[2]. Phan-Choffrut F, Chang WT. Engorgement mammaire et soins du post-partum : intérêt de la MTC. Acupuncture & Moxibustion. 2020;19(1):92.

L’acupuncture peut soulager la dysphagie post-AVC

La dysphagie ou trouble de la déglutition est l’une des séquelles post-AVC les plus courantes, représentant 27 à 64% des patients victimes d’accident vasculaire cérébral. Liée à des difficultés du passage du bol alimentaire de la bouche au sphincter supérieur de l’œsophage, elle est souvent associée à la malnutrition, la pneumonie et la déshydratation.

Une revue systématique et une méta-analyse visant à évaluer la disponibilité potentielle et l’innocuité de l’acupuncture pour la dysphagie post-AVC a été réalisée.

Cinq bases de données anglo-saxonnes et quatre chinoises ont été consultées de la création à mars 2020 pour évaluer les preuves existantes de l’efficacité de l’acupuncture en tant que traitement clinique de la dysphagie après un AVC. Tous les ECR incorporant l’acupuncture ou l’acupuncture combinée à d’autres interventions ont été évalués par deux auteurs indépendants. L’évaluation du risque de biais recommandée par l’outil de la Collaboration Cochrane est utilisée pour évaluer la qualité des études sélectionnées. La méta-analyse est réalisée à l’aide de RevMan 5.3. Les analyses groupées sont calculées par la différence moyenne (DM) et l’intervalle de confiance à 95% (IC). L’hétérogénéité est évaluée par le test de Higgins I².

Figure 1. Test de déglutition d’eau (DM = −1,21, IC à 95% : −1,85 à −0,57 ; p= 0,0002 ; I²=99% (grande hétérogénéité).

Au total, 35 ECR portant sur 3 024 patients sont analysés. La méta-analyse a montré que l’efficacité thérapeutique de l’acupuncture associée à d’autres interventions est meilleure que celle du groupe témoin pour le score standardisé de la déglutition (SSA) (DM= −3,78, IC à 95% : −4,64 à −2,91 ; p< 0,00001 ; I²=80%), pour le score de l’étude vidéofluoroscopique sur la déglutition (DM=2,26, IC à 95% : 1,77 à 2,74 ; p< 0,00002 ; I²=81%) et pour le test de déglutition d’eau (DM = −1,21, IC à 95% : −1,85 à −0,57 ; p= 0,0002 ; I²=99% (figure 1).

La sélection de points d’acupuncture est principalement choisie en fonction des symptômes et de la différenciation des syndromes selon la MTC. Après analyse des points retenus dans ces essais, les auteurs ont constaté que fengchi (20VB), jinjin (EX-HN12), yuye (EX HN13), lianquan (23VC) et yifeng (17TR) étaient les cinq points les plus couramment utilisés (figure 2).

Figure 2. fengchi (VB20), wangu (12VB), yifeng (TR17), fengfu (DU16), et yamen (DU15), lianquan (VC23) et jialianquan bilatéral (extra).

Dans les ECR ayant rapporté des effets indésirables, aucun événement grave n’a été confirmé.

D’après les résultats de cette revue systématique, l’acupuncture peut être considérée comme une thérapie efficace pour traiter la dysphagie post AVC, bien que des normes d’évaluation plus strictes et des ECR rigoureusement conçus soient nécessaires, en raison d’une très grande hétérogénéité et d’une qualité méthodologique médiocre, d’où le risque de biais dans chaque étude incluse.

Zhong L, Wang J, Li F, Bao X, Liu H, Wang P. The Effectiveness of Acupuncture for Dysphagia after Stroke: A Systematic Review and Meta-Analysis. Evid Based Complement Alternat Med. Jan 19;2021:8837625.


COVID 19 avec pneumonie symptomatique : un rapport de cas traité par acupuncture

Localisations du dingchuan à 0,5 cun et le chuanxi à 1 cun en dehors du bord de l’apophyse de la 7e vertèbre cervicale.

Cette auto-publication rapporte le cas d’une femme médecin anesthésiste et acupuncteur de 37 ans, travaillant dans une unité de soins intensifs COVID à New York et auparavant en bonne santé. Le 17 avril 2020, elle a présenté une perte d’odorat et de la fatigue. Le diagnostic PCR sur écouvillon nasal a confirmé une atteinte de COVID-19.

La patiente a développé ensuite une pneumonie comportant des symptômes de douleur thoracique, une hypoxie avec essoufflement, une toux sèche, une hypotension orthostatique et des maux de tête ; une augmentation de la fréquence respiratoire supérieure à 30 ; une oxymétrie de pouls à 85% au repos et de 92% à 93% en respiration forcée douloureuse et en pronation.

Au premier signe d’anosmie, la patiente s’est auto-administré une thérapie par ventouse (en plastique ; 1,5 de diamètre) à aspiration sèche dans la zone du point 1P (zhongfu) bilatéralement. Ce traitement a entraîné au bout de quelques minutes un rapide afflux de sang à la surface de la peau au niveau de la zone sous cloche (signe de contusion ou d’hématome), indiquant une atteinte vasculaire compatible à la fois à la pathologie COVID-19 et au phénomène de désengorgement de toxines selon la MTC.

A l’apparition des symptômes pulmonaires, la patiente s’est auto-administrée pendant deux jours l’acupuncture aux points 2P (yunmen), 6P (kongzui) et 36E (zusanli) de façon bilatérale pendant 30 minutes. Au deuxième jour d’essoufflement, ajout de saignements aux points 11P bilatéralement, ainsi que puncture des points 14VG et aux points hors méridiens dingchuan (EX-B-1a ou M-BW-1a) et chuanxi EX-B-1b ou M-BW-1b). Des aiguilles (0,20 mm x 30 mm) sont insérées (de 1,5 à 2,5 cm selon les points) de façon bilatérale et manipulées jusqu’à obtention de la sensation de deqi. Temps de pose : 30 minutes. Pas de recours à la moxibustion.

Les symptômes pulmonaires ont subjectivement régressé après deux jours de traitement, avec résolution de l’anosmie (toujours présente au 22 septembre 2020). Les anticorps sont encore  présents trois semaines après la résolution de la plupart des symptômes. La patiente s’est ainsi rétablie de la pneumonie COVID dans la semaine sans hospitalisation.

D’après ce rapport de cas unique, l’acupuncture peut être considérée comme un complément viable dans les soins de soutien chez les patients atteints de pneumonie symptomatique à COVID-19 et comme le laissait également entendre l’analyse détaillée de Manrique et Gracia [1].

Cheng SI, Medical Acupuncture as a Treatment for Novel COVID-19-Related Respiratory Distress: Personal Experience from a Frontline Anesthesiologist. Med Acupunct . 2021 Feb 1;33(1):83-85. doi: 10.1089/acu.2020.1467. Epub 2021 Feb 16.


[1]. Carrillo Manrique B, Martínez García E. COVID-19 et acupuncture : existe-t-il une nouvelle voie de recherche thérapeutique ? Acupuncture & Moxibustion. 2020 ;19(1) :48-68.


Mécanismes d’action du point 36E : une étude randomisée d’un modèle de rat arthritique

L’effet anti-inflammatoire et antinociceptif de l’acupuncture au zusanli 36E sur les pattes et les articulations enflammées des rats AIA. a) Apparition typique des articulations de la cheville en trois groupes le jour 21. (b) analyses histologiques sur les articulations droites des cheville (x100) teintées par colorant H&E : on observe l’érosion à différents degrés dans le cartilage articulaire et l’arthrite subchondral dans les groupes des rats AIA et rats traités par 36E (flèche noire). c-e) La teneur en TNF-α et d’IL-1β mesurée dans l’œdème de la cheville droite par technique ELISA. Les données obtenues sont exprimées sous la forme de la moyenne ± SEM dans les groupes de contrôle (●), AIA (■) et 36E (▲). ●P < 0,05, ●●P < 0,01, et ●●●P < 0,001 indiquent les différences statistiquement significatives par rapport au groupe témoin ; ★P < 0,05 et ★★P < 0,01 indiquent des différences statistiquement significatives par rapport au groupe de l’AIA.

Une suractivation des réponses immunitaires et inflammatoires contribue souvent au développement de maladies auto-immunes chroniques systémiques telles que la polyarthrite rhumatoïde (PR). L’acupuncture est recommandée par l’OMS pour traiter 16 types de maladies inflammatoires, incluant la PR.

La PR est une maladie auto-immune chronique systémique caractérisée par l’agrégation de cellules immunitaires et la sécrétion de cytokines dans la synoviale articulaire.

Le rat Wistar est le modèle animal de PR induit par adjuvant (AIA) couramment utilisé comme modèle de douleur inflammatoire par injections intraplantaires soit d’adjuvant complet de Freund ou soit par injection de solution saline le jour 0  afin d’étudier les actions de l’acupuncture. Le point zusanli (36E) est considéré comme le point le plus courant utilisé dans le traitement de la PR.

Dans une précédente étude, des auteurs chinois ont déjà démontré dans le sérum des modèles de rat AIA que l’acupuncture au point 36E peut réguler plusieurs systèmes de réponse immunitaire de cytokines.

Dans cette présente étude, la même équipe utilise le modèle expérimental AIA pour étudier le point 36E en ce qui concerne les interactions entre les cellules immunitaires et les principaux médiateurs chez trois groupes de rats, âgés de 6 à 8 semaines : un groupe contrôle et deux groupes de rats AIA (avec et sans traitement par acupuncture).

L’œdème articulaire et la latence de retrait de la patte servent de critères pour observer les effets sur l’inflammation. Le dosage immunologique multiplex permet de mesurer le taux de 24 cytokines, de chimiokines et de facteurs de croissance dans les articulations de la cheville pendant le traitement, aux jours 1, 7, 15 et 21.

Les monocytes et la polarisation des macrophages dans les articulations enflammées ont été étudiés en détectant les populations phénotypiques M1 et M2 et leurs cytokines.

Les résultats ont montré que la puncture du point 36E réduit l’œdème de la patte et améliore le seuil nociceptif des rats AIA. Plusieurs cytokines immunitaires sont régulées par l’acupuncture et les rats traités ont montré une amélioration significative des symptômes comparés aux rats AIA sans traitement au jour 21.

Ainsi, l’acupuncture module de façon spécifique les monocytes / macrophages dans l’inflammation des articulations de la cheville des rats AIA. Elle inhibe également les macrophages de phénotype M1 avec réduction du taux d’interleukines IL-1β. L’inhibition de la polarisation des macrophages peut être l’un des mécanismes clés de l’action anti-inflammatoire de l’acupuncture.

Cette recherche a mis en évidence un paradigme de recherche systématique pour l’étude des mécanismes d’action de l’acupuncture.

 Yang F, Gong Y, Yu N, Yao L, Zhao X, Hong S, Wang S, Chen B, Xu Y, Pang G, Wang H, Guo Y, Li Y, Guo Y, Xu Z. ST36 Acupuncture Alleviates the Inflammation of Adjuvant-Induced Arthritic Rats by Targeting Monocyte/Macrophage Modulation. Evid Based Complement Alternat Med. 2021 Feb 27;2021:9430501. doi: 10.1155/2021/9430501. eCollection 2021.


Bahrain National Museum vu du Théâtre National de Bahrain – Manama – Bahreïn
Bahrain National Museum vu du Théâtre National de Bahrain – Manama – Bahreïn

Stéphan JM, Brignol TN. L’électroacupuncture améliore l’hypogalactie en suites de couches. Acupuncture & Moxibustion. 2021;20(1):108-114