Le médecin en Chef de l’Armée de l’Air Borsarello

Au sein de l’Association Scientifique des Médecins Acupuncteurs de France et de l’Ecole Française d’Acupuncture, le Dr Jean, F. Borsarello, pionnier de la première heure a côtoyé tous les grands noms de l’Acupuncture Française : Cantoni (figure 1), Olivo, Huard, Martiny, Husson, Grall, Pontigny, Jarricot, Fourmont, Duron, Choain, Auteroche, Niboyet et tant d’autres (figure 2) . Toutefois, il s’en distingue par l’empreinte scientifique avant-gardiste qu’il laisse à une médecine qui se veut traditionnelle.

En effet, dès la création de la revue « Méridiens » en 1968 par le Dr Fourmont, il s’était singularisé grâce à son article intitulé « introduction à une nouvelle étude sur l’Acupuncture », dans lequel il évoquait déjà les parallélismes entre acupuncture et neuro-physiologie.

Ses travaux se sont ensuite succédé régulièrement d’année en année avec une prédilection pour la sphygmologie et la chronobiologie chinoise. D’ailleurs, sa publication parue en 1978 dans « Méridiens » sur l’application des "Kan "et des "Che" ou la chronobiologie chinoise du Su Wen nous offrit une ouverture extraordinaire sur le monde de la chrono-acupuncture.

La verve le caractérise aussi. Ceux qui ont assisté aux échanges Soulié de Morant organisés par l’ASMAF, se souviennent de ces mémorables conférences au cours desquelles nombreux étaient les acupuncteurs à attendre avec impatience son habituelle éloquence et ses anecdotes.

Le Dr Borsarello a enseigné et malgré la retraite a toujours continué d’enseigner l’acupuncture qu’il a découverte au Vietnam, alors qu’il était jeune Médecin du Corps Expéditionnaire français à Saïgon. Dès lors, il n’a cessé de se passionner pour l’acupuncture, poursuivant ses études au Japon en 1965 auprès du Dr Yoshio Manaka à l’institut Kitazato à Tokyo-Odawara (figure 3) [ [1] ] dont il cite certains de ces commentaires dans son dernier livre paru en 2007 [ [2] ]. Allant jusqu’au Temple Ninnaji à Kyoto, il photographia même le célèbre manuscrit I Shin Po (traité d’acupuncture japonais), écrit par Tombaï Yasuyuri entre 982 et 984 (figure 4). Jusque très récemment, il dispensait toujours son enseignement à Lisbonne et nous offrait régulièrement des ouvrages d’acupuncture de grande qualité. Son dernier article concernant l’astronomie a paru dans la revue en septembre 2007 [ [3] ]. On l’ignore sans doute, mais c’était un bon dessinateur (figure 5 et 6) qui n’hésitait pas à se caricaturer et à écrire en dehors de son champ d’activité habituel [ [4] ].

Figure 1. Le Médecin Général Cantoni, directeur du laboratoire de médecine aérospatiale, et à sa gauche le Médecin Colonel J. Borsarello en 1965.