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Cocaïne : le médicament miracle n’existe pas

mercredi 24 novembre 2010

Les médecins spécialisés dans l’addiction sont contraints de détourner des médicaments pour soigner les accros à la coke.

La première phase de sevrage à la cocaïne est délicate. Les rechutes sont légion. Afin de les éviter, la majorité des médecins préconise, outre le suivi psychiatrique, la prise médicamenteuse. Mais jusqu’à aujourd’hui, aucun composé chimique de substitution, à l’instar du Subutex pour l’héroïne, n’a été élaboré. Les médecins sont obligés de détourner des médicaments utilisés dans le traitement de l’épilepsie, de la migraine ou de l’hyperactivité.

Le Dr Karila s’est même lancé dans une vaste étude clinique, pour vérifier, via l’imagerie cérébrale, les effets curatifs du Modafinil, un stimulant prescrit en cas de narcolepsie ou d’hypersomnie. Résultats fin 2012. La Haute autorité de santé a publié en mai dernier un panel de recommandations, afin de valider ces protocoles, dont l’efficacité a été démontrée par plusieurs études scientifiques depuis 2005.

Préférer la pluralité des traitements

Pourtant, ces "détournements" ne font pas encore l’unanimité. Les Narcotiques anonymes, par exemple, laissent souvent de côté la médication. Cette association d’anciens addicts, inspirée des alcooliques éponymes, mise sur des séances de groupe quasi-quotidiennes, avec prise de parole en public, même dans les phases difficiles du sevrage.

De son côté, le Pr Aimé Charles-Nicolas, directeur du Centre d’addictologie du CHU de Fort-de-France (Martinique), préconise, dans certains cas, des séances d’acupuncture. Quitte à irriter quelques confrères, qui n’octroient à cette médecine traditionnelle chinoise qu’un effet placebo. Mais le professeur met fin au débat lorsqu’il explique que ces polémiques sont vaines. "Plus on augmente l’éventail des soins, mieux on traitera. Chaque patient réagit différemment", plaide celui qui a participé, en 1971, à la création de Marmottan (Paris, XVIIe), ce centre médical inédit pour l’époque, dédié aux soins des toxicomanes.

A titre d’exemple, le psychiatre, revenu exercer sur sa terre natale, constate que la Martinique est la seule île des Antilles à avoir réussi à contenir le fléau de la cocaïne. "C’est grâce au dispositif thérapeutique, mis en place depuis 1996, et qui accueille aussi des Guadeloupéens et des Guyanais, souligne-t-il. Nous avons réussi à en sortir pas mal d’affaire, même si les plus malades restent sur le carreau."

Ce centre, qui combine des unités ambulatoires et de recherche, garde les patients hospitalisés 3 mois, et leur prodigue un traitement médicamenteux et psychologique très structuré, presque ritualisé, afin de réduire l’envie (le craving) et augmenter l’abstinence.

Lorsqu’une personne, même de 40 ans, est prise en charge, le centre demande à sa famille de participer activement à sa thérapie. "Nous avons réussi à modifier les représentations de la cocaïne dans la population", analyse le professeur Charles-Nicolas. Pourtant le pari était loin d’être gagné, les Antilles étant confrontées depuis près de quarante ans à de graves problèmes de santé publique, avec l’apparition du crack, cette forme de cocaïne concentrée qui se fume.

Mais le psychiatre reste modeste en précisant que beaucoup d’enjeux médicaux dans l’addiction à la cocaïne échappent encore aux spécialistes. Faute de médicament miracle, la majorité préfère n’écarter aucune méthode, des thérapies comportementales, aux médecines douces. Si l’une d’elles permet de sauver ne serait-ce qu’une vie, pourquoi s’en priver...

Par Annabel Benhaiem

Voir en ligne : L’express (France)


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