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Editorial du n°110

mardi 18 décembre 2007


EDITORIAL
Il y a un peu plus de trente ans, le docteur Didier Fourmont demandait au Ministère de la défense l’autorisation de rencontrer au centre d ’essais en vol de Brétigny, dans l’Essonne, les médecins du laboratoire de recherches.

Depuis quelques années, le médecin colonel Cantoni dirigeait ce centre et y pratiquait avec quelques adjoints des travaux sur les points d ’acupuncture chinoise, en dehors des études touchant l’aéronautique. J’avais demandé, dès mon retour d’Algérie, d’être affecté au laboratoire de recherches pour continuer des expérimentations sur les pouls, ayant été autrefois initié à l’acupuncture, en 1960 par le docteur Cantoni à l’école de l’air de Salon de Provence.

Le docteur Fourmont ne nous était pas inconnu, puisque nous faisions partie de la société d ’acupuncture de Soulié de Morant, la plus ancienne des associations dans cette spécialité. C’est là que nous avions rencontré les grands anciens aujourd’hui disparus : Labrousse, Khoubesserian, Grall, Laval et bien d’autres encore, qui étaient des compagnons du maître Soulié de Morant, hélas disparu lui aussi depuis 1955. En Province, d’autres amis

du maître exerçaient l’acupuncture dont Niboyet, Choain, Méry, Feyrerolles, Perpère, Husson, Nogier Jean Joseph . . . que l’on voyait souvent aux réunions.

Tous ces praticiens travaillaient, sans le savoir d ’après le fameux Ta Tcheng, c’est à dire un livre d’acupuncture de base dont l’application donnait de très bons résultats, mais limités.

A l’époque, c’est à dire les années 60, nous avions, pour travailler les livres de Chamfrault, de Lavier qui exposaient une technique bien plus complexe, selon des ouvrages que nous ne possédions pas encore, le Ling Shu et le Su Wen détaillé, puis le traité des pouls de Wang Chou Houo. Ce n’est que bien plus tard que le docteur Fourmont fut le premier à se rendre compte qu ’il fallait donner aux élèves de l’association des vues plus étendues sur la médecine chinoise. Il fit donc en sorte de publier le Su Wen, par chapitres, sur la revue Méridiens, puis plus tard sous la forme d’un livre.

Un autre précurseur en matière de textes chinois anciens, fut le docteur Nguyen Van Nghi, qui publia dès 1962 son fameux ouvrage Pathologie et pathogénie de la médecine chinoise traditionnelle, ce qui fut un véritable tournant dans l’exercice de cette spécialité et d’une pratique bien plus efficace qu’auparavant.

Comprenant que les moyens de recherches du laboratoire de médecine aérospatiale de Brétigny étaient considérables, notre ami Fourmont vint alors nous visiter plus souvent et nous proposa de publier nos travaux dans Méridiens. Dès lors, le médecin Colonel Cantoni et moi-même, avons commencé à grouper nos résultats pour en faire des articles pour la revue de l’association.

Didier Fourmont aimait bien venir à Brétigny et appréciait beaucoup l’ambiance de camaraderie propre à l’armée de l’air. Il assistait à mes expériences sur l’acupuncture, quand nous avions un petit créneau disponible entre deux essais destinés à l’aéronautique, et arrivait très vite dès que nous commencions une étude, en particulier sur les pouls. On peut dire que si ce laboratoire a été le moteur des travaux entrepris, le docteur Fourmont en a été le carburant et même l’accélérateur car il nous demandait de rédiger des publications techniques et des illustrations qui, grâce à Méridiens furent connues du public médical et des élèves de l’association.

Quand je quittai le centre d’essais en vol de Brétigny, muté pour le centre de documentation scientifique de médecine aéronautique, je vis bien plus souvent notre ami Fourmont, qui habitait tout près de cet organisme dans Paris . Il comprit que le temps des essais pratiques était terminé, le médecin colonel Cantoni, devenu général ayant été muté lui aussi. Il me poussa donc à me servir cette fois des moyens documentaires et des liaisons étroites que nous avions avec l’étranger. C’est ainsi que nous avons pu obtenir du

professeur Becker de l’université de New York (Syracuse) des travaux fort intéressants sur les propriétés électriques de la peau et en étudier les analogies avec l’acupuncture.

De son côté le médecin général Cantoni faisait la connaissance d’un ingénieur électronicien, Monsieur Pontigny, passionné de médecine chinoise, et entreprenait bientôt avec lui une somme de travaux qui devaient ouvrir la voie à des découvertes dans le domaine de notre chère spécialité. Voyant là une nouvelle voie, et décidément attaché de plus en plus à l’amélioration de Méridiens, Didier Fourmont fut encore une fois le catalyseur discret mais très actif de ces publications, en nous demandant régulièrement de nouveaux sujets. Et puis, un jour devant l’ensemble des expérimentations pratiquées et l’ancienneté, la personnalité du docteur Cantoni, Didier Fourmont réussit à lui faire accepter la présidence de l’association la plus ancienne de France.

Cantoni n’était pas un homme facile. Forte personnalité, sens de l’organisation et du commandement, cet homme de guerre qui avait œuvré toute sa vie pour 1 ’armée de l’air depuis la France libre, à Londres, jusqu ’à la Tunisie, et surtout l’Indochine, ne connaissait pas les civils et les méprisait un peu. Il lui fallait un guide un mentor psychologue et patient, un homme calme et diplomate. Le docteur Fourmont fut cet homme là. Il le pilota dans les dédales de la vie médicale parisienne en modérant ses invectives toutes militaires contre les autres sociétés d’acupuncture et lui évita bien des <> dues à son mauvais caractère d’ancien médecin chef sévère !

Pendant des années, ainsi pilotées et surveillées par deux hommes compétents et passionnés, l’ASMAF et l’EFA ont accueilli des centaines d’élèves et d’adhérents . Ces hommes ont aujourd’hui disparu mais sont restés dans nos cœurs comme des disciples éminents de celui qui a fait connaître à l’Europe toute entière l’acupuncture chinoise, Georges Soulié de Morant. A l’heure actuelle, loin de vivre sur son passé et de se reposer sur ses lauriers, l’acupuncture s’engage dans le 21ème siècle avec tous les apports du progrès scientifique. Elle a ses entrées dans les communications informatiques, et les nouvelles générations de l’ASMAF et l’EFA font avancer leur spécialité avec les moyens modernes . Les anciens peuvent dormir sur leurs deux oreilles, la relève est assurée.

Docteur J-F BORSARELLO


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