Les apnées obstructives du sommeil sont améliorées par acupuncture et électroacupuncture

 

 Trois études objectivent que l’acupuncture manuelle (MA) ainsi que l’électroacupuncture améliore l’indice d’apnée versus groupe témoin ; la différence moyenne standardisée à modèle fixe (MD) est égale à -7,49 (IC 95%, -10,65 à -4,34) en faveur de l’acupuncture manuelle et MD = -5.86 (IC95%, -10,32 à -1,40) pour l’EA. Pas d’hétérogénéité pour la MA (I²  = 0%) ;  mais hétérogénéité pour l’EA (I² =36%) car considérée comme modérée si I² entre 30 et 60%.

 

L’apnée du sommeil ou syndrome d’apnées–hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), encore dénommé syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS) est suspectée chez une personne présentant un ronflement important, irrégulier, une somnolence diurne excessive et une fatigue chronique associées parfois à une irritabilité ou un syndrome dépressif. Il s’agit d’un trouble de la ventilation nocturne caractérisé par la survenue anormalement fréquente de pauses respiratoires. Ce syndrome est dû à des épisodes répétés d’obstruction des conduits respiratoires de l’arrière gorge. Il est fréquent et favorisé essentiellement par le surpoids. Il peut s'observer à n'importe quel âge. Avant 60 ans, ils touchent essentiellement les hommes, au-delà les femmes sont aussi atteintes. Parmi les hypertendus 22 à 47 % seraient porteurs d'un SAHOS.

Une apnée est caractérisée par un arrêt du flux aérien d'une durée supérieure ou égale à dix secondes, la reprise respiratoire coïncidant habituellement avec un éveil très bref ou l'allègement du sommeil. Une forme incomplète, l'hypopnée, se traduit par une diminution du flux respiratoire d'au moins 50 %, associée à une désaturation de l'hémoglobine en oxygène égale ou supérieure à 4%. Sur le plan polysomnographique, un indice d'apnée supérieur à cinq (nombre d'apnées par heure de sommeil) ou un indice d'apnée-hypopnée supérieur à dix (nombre total d'apnées ou d'hypopnées par heure de sommeil) définit le SAHOS. La sévérité du syndrome sera réellement appréciée que par la connaissance simultanée de la désaturation du sang artériel en oxygène et du tableau clinique complet associant état neuro-psychique (hypersomnolence, état dépressif, irritabilité, etc.), hypertension artérielle, coronaropathie. Le diagnostiquer précocement, en raison du danger que court le malade sur le plan cardio-respiratoire, évite aussi les répercussions neuropsychiatriques, sociales et professionnelles.

Pas de preuve convaincante que l’électroacupuncture soit bénéfique dans les acouphènes

 

L’acouphène subjectif est une sensation auditive spontanée interne non liée à un son généré par une vibration d'origine extérieure à l'organisme et inaudible par l'entourage. Le son perçu peut ressembler à un bourdonnement, un sifflement ou même à un tintement ressenti dans le crâne ou dans l'oreille, d'un seul côté ou des deux. La cause exacte des acouphènes subjectifs reste inconnue. La dégénérescence liée à l’âge semble la plus plausible. D’autres causes sont la maladie de Ménière, les traumatismes (acoustique ou chimique) et les maladies cardio-vasculaires. Les raisons de l'apparition de l’acouphène restent floues. Il est fréquent que les patients souffrant d’acouphènes soient très perturbés par le bruit persistant. Cela engendre une dégradation de leur qualité de vie et de travail surtout en cas d’acouphènes modérées et sévères. Pour les soulager, différentes méthodes de traitement ont été utilisées, comme la stimulation magnétique transcranienne répétitive, la thérapie par émission d’un bruit de masquage, la thérapie cognitive comportementale, les traitements pharmacologiques (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères), etc. L'efficacité de la plupart de ces interventions reste à démontrer de façon concluante.

Selon la théorie de la Médecine Traditionnelle Chinoise et la différenciation des syndromes (bianzheng), la pathogenèse des acouphènes peut être classée en deux catégories : les syndromes en vide ou plénitude. Les syndromes en excès sont toujours causés par une attaque par un facteur pathogène exogène, une Stagnation de Sang, un Feu des Viscères ou l'accumulation de Glaires-Humidité. Les syndromes de carence sont étroitement liés à une insuffisance des Organes comme par exemple, un Vide de yin du Foie ou du yin des Reins.

Cette revue systématique a permis d’identifier cinq essais comparatifs randomisés (ECR) (n=322). L’évaluation de la qualité méthodologique de ces études montre un risque élevé de biais de sélection et de performance. De ce fait, en raison de la mauvaise qualité méthodologique et de la petite taille de la population étudiée, aucune preuve n’a été convaincante pour affirmer que l’EA puisse être bénéfique dans le traitement des acouphènes. Il est nécessaire de réaliser des ECR de haute qualité méthodologique et de plus grande puissance.

 He M, Li X, Liu Y, Zhong J, Jiang L, Liu Y, Chen Q, Xie Y, Zhang Q. Electroacupuncture for Tinnitus: A Systematic Review. PLoS One. 2016;11(3).

 

L’électroacupuncture soulage les douleurs du travail lors de l’accouchement

 

Figure 1. Dilatation cervicale, de l’effacement du col à sa dilatation à 10 cm.

Pour évaluer l'effet clinique et la sécurité de l’électroacupuncture dans les algies du travail, cent-vingt femmes enceintes (>37SA) âgées de 20 à 29 ans hospitalisées à l’hôpital de gynéco-obstétrique de Pékin dans la première phase du travail  avec dilatation cervicale à 3 cm (figure 1), ont été réparties au hasard en quatre groupes de trente patientes : un groupe électroacupuncture (EA), un groupe de patientes sous analgésie contrôlée par voie intraveineuse (IV), un groupe sous analgésie péridurale (PR) et un groupe témoin. Le groupe EA a été traité pendant 30 minutes par stimulation des points d'acupuncture huatuojiaji (T10 à L3) et ciliao (32V) à une fréquence de 100 Hz avec des salves alternées de 2Hz à une intensité de 15-30 mA produit par un stimulateur « Acupoint Nerve Stimulator Han »®. Le groupe IV a bénéficié d’injection par voie intraveineuse d’ondansétron (8 mg) pendant 5 min suivie de l'injection de tramadol (1,5 mg / kg) puis en perfusion lente par pompe électronique (2ml/h) par intervalle de 10 mn (50 ml tramadol à 0,70%  et ondansetron 8 mg). Le groupe PR a reçu une injection intrathécale de ropivacaïne (3 mg) au niveau de L2-L3 et le cathéter péridural a été relié à la pompe électronique avec 100 ml de ropivacaïne (0,1%) et sufentanil (50 µg) en perfusion de fond par dose de 5 ml et par intervalle de 10 min. Le groupe témoin n'a reçu aucune analgésie. L'échelle visuelle analogique (EVA), le stade et le mode de travail, le score d'Apgar du nouveau-né, le poids néonatal, la posologie de l'ocytocine, les hémorragies post-partum et les effets secondaires ont été étudiés dans tous les groupes.

groupe

n

Avant analgésie

30 mn après

60 mn après

Dilatation 7-8 cm

Dilatation 10 cm

EA

30

95±12

71±13a

65±12a

68±11a

60±13a

IV

30

94±12

51±11ab

45±8ab

50±11ab

50±12ab

PR

30

95±10

18±5abc

20±6abc

24±4abc

27±5abc

témoin

30

94±11

97±13

97±14

98±14

90±15

Figure 2. Comparaison sur l'échelle visuelle analogique (0 = pas de douleur, 100 maximum de douleur). a  amélioration statistiquement significative versus groupe témoin P<0,05 ; b amélioration statistiquement significative versus groupe EA P<0,05 ; c amélioration statistiquement significative versus groupe IV P<0,05. 

Les signes vitaux étaient stables dans les quatre groupes. Après l'analgésie, il y avait une différence statistiquement significative dans le score de l’EVA entre les groupes EA, PR et IV versus le groupe témoin. L'effet analgésique dans le groupe PR était significativement meilleur que celui observé dans les deux autres groupes (figure 2). La deuxième phase du travail dans le groupe PR était plus longue que dans les trois autres groupes, objectivant une différence significative entre eux. Le score d'Apgar du nouveau-né à 1 min après la naissance dans le groupe IV était légèrement inférieur à celui des deux autres groupes, mais avec une différence significative. Pas de différence significative concernant les poids néonataux entre les quatre groupes. Le taux de césarienne dans le groupe témoin était par contre significativement plus élevé (p<0,05) que celui retrouvé dans les groupes d’analgésie du travail. Le groupe IV a utilisé moins d'ocytocine que dans les trois autres groupes. Aucune différence significative dans les hémorragies post-partum entre les quatre groupes. Les effets secondaires du groupe PR : prurit, asphyxie néonatale et rétention d’urine (13,3%) ; dans le groupe IV : nausées, vomissements et asphyxie néonatale (26,7%). Dans le groupe EA, comme dans le groupe témoin, peu d’effets secondaires : asphyxie néonatale (6,7%).

En conclusion, l’EA (100/2Hz) peut être une alternative non pharmacologique sûre, car avec moins d’effets secondaires, dans l’amélioration de la douleur liée au travail lors de l’accouchement.

 Liu Y, Xu M, Che X, He J, Guo D, Zhao G, Zhang G, Zhang S, Kang K, Zhang C, Wang Y, Li S, Zhang Q, Xu L, Zhang M, Han B, Jing Y, Zhang N. Effect of direct current pulse stimulating acupoints of JiaJi (T10-13) and Ciliao (BL 32) with Han's Acupoint Nerve Stimulator on labour pain in women: a randomized controlled clinical study. J Tradit Chin Med. 2015;35(6):620-5.

 

 Spécificité des points d’acupuncture utilisés dans la dysménorrhée primaire

Pourcentage d’utilisation des dix combinaisons de points les plus usités. La combinaison la plus courante est le VC4 et RA6 (60,97% ) ou RA6 et VC6 (28,6%), RA6 et VE32 (27,4%) etc.

L'acupuncture fournit une analgésie efficace dans la dysménorrhée primaire. Une étude basée sur l'exploration de données de la littérature a permis de sélectionner les points les plus généralement utilisés dans les essais cliniques avec ou sans randomisation, avec ou sans groupe témoin, publiés en anglais ou en chinois de janvier 1978 à avril 2014. Cette étude a pour intérêt d’examiner les principes de sélection des points d'acupuncture et leurs caractéristiques. 67,24% des points d'acupuncture utilisés étaient des points d'acupuncture spécifiques selon les théories de différenciation des syndromes, points de croisement, points shu antiques, points yuan et points shu et mu. Il en résulte donc une spécificité des points les plus fréquemment travaillés : sanyinjiao (RA6), guanyuan (VC4), qihai (VC6), diji (RA8), ciliao (VE32), etc. Les méridiens les plus souvent utilisés étaient renmai (Vaisseau Conception), zutaiyin (Rate-Pancréas) et zutaiyang (Vessie). Les points des membres inférieurs ont été les plus fréquemment puncturés. En conclusion, l’'exploration de données est une approche possible afin d'identifier les caractéristiques de la sélection des points d'acupuncture. Cette  étude indique ainsi que les protocoles d’acupuncture moderne du traitement de la dysménorrhée primaire sont basés sur une sélection des points d'acupuncture spécifiques mettant en pratique les théories de la médecine traditionnelle chinoise.

 Yu S, Yang J, Yang M, Gao Y, Chen J, Ren Y, Zhang L, Chen L, Liang F, Hu Y. Application of acupoints and meridians for the treatment of primary dysmenorrhea : a data mining-based literature study. Evid Based Complement Alternat Med. 2015;2015:752194. doi : 10.1155/2015/752194. Epub 2015 Feb 24. Review.

 

 Dans la maladie d’Alzheimer, l’acupuncture peut être efficace

 

Figure 1. Acupuncture versus médicaments ; critère d’évaluation : échelle Mini Mental State Examination (MMSE). La différence moyenne standardisée à modèle aléatoire (SMD) est égale à 1,05 (IC 95%, 0,16 à 1,93) en faveur de l’acupuncture. Cependant, il existe une grande hétérogénéité des six ECR (I²  = 57% ; p=0,04).

 

L’utilisation de l’acupuncture pour traiter la maladie d’Alzheimer a augmenté en fréquence ces dernières années. Cette revue systématique de la littérature et la méta-analyse qui s’ensuit, a pour but d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’utilisation de l’acupuncture dans cette pathologie. Elle a été réalisée à partir des essais contrôlés randomisés retrouvés dans le Registre central des essais contrôlés, PubMed, Medline, Embase, PsycINFO, la littérature de biomédecine chinoise (CBM) et les bases de données médicales chinoises (CMCC et CNKI) de leur création à juin 2014. Dix essais comparatifs randomisés (ECR) pour un total de 585 participants ont été inclus dans la méta-analyse (ECR avec des populations étudiées variant de seize à quarante-neuf personnes).

La durée du traitement varie de quatre à vingt-quatre semaines. Les points les plus couramment utilisés : baihui (VG20) et zusanli (ES36) avec une incidence de 40% parmi ces 10 ECR et xuehai (RA10) et sishencong (EX1) dans 30% des 10 ECR. Les autres points utilisés : taixi (RE3), dazhui (VG14), danzhong (VC17), zhongwan (VC12), qihai (VC6), waiguan (TR5), xuanzhong (VB39), neiguan (MC6), shenshu (VE23), yintang (VG29), sanyinjiao (RA6) et dazhong (RE4), ainsi que la craniopuncture et deux points d’acupuncture expérimentaux "xiu sanzhen" et "si shenzhen".

Les résultats combinés de six essais ont objectivé que, versus le traitement médicamenteux, l’acupuncture améliore de façon statistiquement significative les résultats sur l’échelle Mini Mental State Examination (MMSE) avec une différence moyenne standardisée à modèle aléatoire (SMD) égale à 1,05 (IC 95%, 0,16 à 1,93). Cependant, il existe une grande hétérogénéité des six ECR (I²  = 57% ; p=0,04) (figure 1). De même, les résultats de trois ECR montrent que l’acupuncture associée au donépézil est plus efficace que le donépézil seul dans l’amélioration du score MMSE (SMD à modèle fixe = 2,37 ; IC 95% : 1,53 à 3,21 ; pas d’hétérogénéité (I²  = 11% ; p=0,32). Sur cent-quarante et un essais cliniques, deux études ont rapporté des effets indésirables liés à l’acupuncture. Sept des 3 416 patients ont eu des effets indésirables liés à l’acupuncture pendant ou après le traitement mais les réactions ont été décrites comme tolérables et bénignes.

En conclusion, en terme d’amélioration de la fonction cognitive, l’acupuncture peut être plus efficace que les médicaments et peut même augmenter leur effet dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. L’acupuncture peut également être plus efficace que la thérapeutique usuelle dans l’amélioration de la capacité des patients à mener à bien leur vie quotidienne. En outre, l’acupuncture est sans danger. Néanmoins, il est nécessaire de confirmer ces différentes données par des ECR de meilleure qualité méthodologique, avec un processus de randomisation et de mise en insu de la répartition de la population étudiée plus rigoureusement contrôlé et décrit. Il est également nécessaire que ces ECR offrent davantage d’informations concernant le diagnostic de la maladie d’Alzheimer avec une mesure du degré de volume d’atrophie hippocampique mesurée par IRM. Enfin la population étudiée doit être plus importante.

 

Zhou J, Peng W, Xu M, Li W, Liu Z. The effectiveness and safety of acupuncture for patients with Alzheimer disease : a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Medicine (Baltimore). 2015 Jun ;94(22) :e933. doi : 10.1097/MD.0000000000000933.

 

Le deqi engendre une réponse spécifique au niveau des points d’acupuncture et du cerveau

 

Recherche du deqi au 36ES.

Interprété comme flux de "l'énergie vitale", le deqi est l'effet caractéristique lié à la manipulation de l'aiguille. Il se manifeste sous diverses sensations perçues par les patients (engourdissement, lourdeur, distension et douleurs, sensation de diffusion) ainsi que par les acupuncteurs (sensation de lourdeur et de rétention/serrement sous l'aiguille). Bien que le mécanisme thérapeutique sous-jacent reste à préciser, il est généralement admis que l'intensité du stimulus doit atteindre un seuil afin de susciter le deqi. Résultant de la manipulation de l'aiguille, le deqi est considéré comme la condition sine qua non de l'acupuncture pour l’obtention d'un effet thérapeutique clinique optimal selon la MTC.

Une équipe chinoise a réalisé une étude sur 30 volontaires adultes en bonne santé afin d’analyser les changements intrinsèques au sein de l’organisme suite à l’acupuncture avec le deqi. Des aiguilles jetables d'un diamètre de 0,22 mm et 40 mm de longueur ont été utilisées. L'aiguille a été insérée verticalement à une profondeur de 2-3 cm aux points 4GI et 36E du côté droit, chaque point étant utilisé dans deux séries indépendantes de mesures. L'aiguille a été maintenue en place pendant 2 min avant de la manipuler. Elle a été tournée environ 180° dans chaque direction, au rythme d'un cycle par seconde, ce qui correspond à la technique utilisée en pratique clinique. La sensibilité du participant à la manipulation de l'aiguille a été testée et ajustée à sa tolérance, visant à susciter la sensation du deqi sans causer de douleur insupportable. Dans le cas d'une forte sensation douloureuse, la position de l'aiguille doit être réajustée pour faire disparaître la douleur en quelques secondes.

Les résultats des mesures par Laser Doppler imagerie de perfusion (LDPI), par échographie et par électromyographie (EMG) ont montré une augmentation du débit sanguin, du déplacement des tissus ainsi que de l'amplitude myoélectrique aux points d’acupuncture après obtention du deqi. Par ailleurs à l’imagerie fonctionnelle (IRMf), le traitement par acupuncture avec recherche du deqi induit une augmentation/diminution du signal dans différentes régions du cerveau, malgré l’absence de changement significatif à l'électroencéphalogramme.

D’après cette étude, les variations intrinsèques observées chez les sujets sains permettent d’évaluer de façon quantitative la réponse spécifique aux points d'acupuncture et au niveau du cerveau humain lors de l’obtention du deqi. Ceci confirme la validité d’une modalité de traitement largement adoptée dans le monde entier.

Tian DS, Xiong J, Pan Q, Liu F, Wang L, Xu SB, Huang GY, Wang W. De Qi, a Threshold of the Stimulus Intensity, Elicits the Specific Response of Acupoints and Intrinsic Change of Human Brain to Acupuncture. Evid Based Complement Alternat Med. 2014:914878.

 

 L'acupuncture améliore la qualité du sommeil chez les personnes âgées

 

Ces schémas objectivent les principaux effets de l'acupuncture véritable (TRUE)(A) versus acupuncture placebo (SHAM) (B) dans la dépression, le stress et la qualité du sommeil. Le test T montre des différences statistiquement significatives: *** p <0,0001 et * p <0,01.

 

Les troubles du sommeil chez les personnes âgées sont associés à des changements neurophysiologiques préjudiciables (augmentation du cortisol, diminution de la mélatonine) et immunosénescence prématurée des cellules lymphocytaires CD3 +, CD4 +, associée à une réduction cérébrale du brain-derivated neurotrophic factor (BDNF). Cette étude a donc permis d’évaluer les effets de l'acupuncture sur la qualité du sommeil, la détresse psychologique et l’immunosénescence chez les personnes âgées, ainsi que les effets sur les taux de BDNF. Quarante-huit personnes âgées de 60 à 77 ans ont été assignées au hasard dans un groupe témoin d’acupuncture placebo (n = 24) et un groupe acupuncture réelle (n = 24).

Les traitements d'acupuncture ont été réalisés à la clinique externe de personnes âgées, à l'institut de gériatrie et de gérontologie de l'hôpital São lucas (Porto Alegre, Brésil). Vingt-cinq minutes par session, deux fois par semaine sur un total de dix séances. La durée du traitement a été choisie pour examiner les effets à court terme de l'acupuncture. Les points choisis : 6Rt (sanyinjiao), 4GI (hegu), 36E (zusanli), 3F (taichong), 6MC (neiguan) et EX-NH3 (yintang). Dans le groupe témoin, les aiguilles ont été insérées dans des sites éloignés des véritables points d'acupuncture sans recherche du deqi. Avant et après intervention, la qualité du sommeil, de la dépression et les scores de stress ont été évalués par l'indice de la qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI), la Beck Depression Inventory (BDI II) et l'échelle de stress perçu (PSS).

Enfin, des échantillons de sang ont été prélevés avant et deux jours après la dernière session afin d'évaluer les paramètres immunitaires en rapport avec le sommeil.

 On objective ainsi que l’acupuncture versus placebo a été très efficace pour améliorer la qualité du sommeil (-53,23% ; p <0,01), la dépression (-48,41% ; p  <0,01) et le stress (-25,46% ; p  <0,01). Aucun changement significatif n'a été observé dans le groupe placebo.

Cependant, ni les sous-populations lymphocytaires, ni les niveaux de BDNF n’ont changé suite aux interventions.

En conclusion, la méthodologie rigoureuse utilisée dans cette étude comparative randomisée contre placebo a permis de montrer les effets de l’acupuncture dans l'amélioration de la qualité du sommeil et de la relaxation chez les personnes âgées.

 Zuppa C, Prado CH, Wieck A, Zaparte A, Barbosa A, Bauer ME. Acupuncture for sleep quality, BDNF levels and immunosenescence: a randomized controlled study. Neurosci Lett. 2015 Feb 5;587:35-40.

 

L'auriculothérapie semble efficace dans l'antalgie

 

Treize ECR sont inclus dans la méta-analyse. On observe une importante hétérogénéité de la méta-analyse (I²=95% - P<0,00001) signifiant un biais dans l’analyse trop optimiste des résultats positifs. Une des sources de biais est en rapport avec le choix de sélection dans le protocole d’étude. L’analyse des sous-groupes objective que l’acupression auriculaire montre une efficacité plus grande que l’auriculothérapie proprement dite ou la stimulation électrique des aiguilles auriculaires.

L’objectif de cette revue systématique et méta-analyse est d’évaluer l’efficacité de l’auriculothérapie dans la douleur en incluant un groupe témoin placebo. Des essais comparatifs randomisés (ECR) ont été identifiés par recherche sur bases de données médicales (Medline, Cochrane, China Academic Journals, etc.) jusqu’en mai 2013. Le critère de jugement est le score d’intensité de la douleur. Vingt-deux ECR ont été identifiés et treize ECR ont été inclus pour la méta-analyse. Dans ces études, l’auriculothérapie montre une action antalgique statistiquement significative par rapport à un groupe placebo ou un groupe témoin. Les différences moyennes standardisées globales (SMD) étaient de -1,59 (IC 95% [-2,36, -0,82]) (13 ECR, N= 806), ce qui indique que la diminution moyenne du score de douleur dans le groupe d’auriculothérapie était 1,59 écart-type supérieur à celle du groupe placebo. En termes d’efficacité des différentes méthodes de traitement, l’acupression auriculaire objective la plus grande force de preuve dans l’antalgie, suivie par l’acupuncture auriculaire. Par contre, la stimulation électroacupuncturale n’a pas montré des preuves statistiquement significatives de son efficacité, ce qui peut être dû à la petite taille de l’échantillon (seuls dix-neuf sujets ont été inclus). En conclusion, même si cette méta-analyse objective une efficacité de l’auriculothérapie dans l’antalgie à un niveau de grade B (présomption scientifique) selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé française (HAS) [[1]], d’autres ECR à plus grande échelle et de plus grande puissance sont nécessaires pour déterminer une preuve scientifique d’efficacité établie, surtout qu’il existe une grande hétérogénéité des ECR.​

Yeh CH, Chiang YC, Hoffman SL, Liang Z, Klem ML, Tam WW, Chien LC, Suen LK. Efficacy of auricular therapy for pain management : a systematic review and meta-analysis. Evid Based Complement Alternat Med. 2014 ;2014:934670. doi : 10.1155/2014/934670. Epub 2014 Jul 23.