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Matériel et méthode

Matériel

Nous avons utilisé pour prélever le signal vasculaire de la gouttière radiale un capteur électronique, le Sphygmocor Px, de l'entreprise AtcorMedical. Il s'agit d'un tonomètre d'aplanation, c'est-à-dire d'un senseur de pression électro-mécanique de très haute sensibilité. Celui-ci est appliqué perpendiculairement au plan osseux sous la portion superficielle de l'artère radiale, sur les parois de celle-ci. Il permet d'enregistrer la déformation de la paroi artérielle, au cours du passage de l'onde vasculaire cardiaque, par rapport au temps (voir figure 2 et 3). S'agissant d'un signal reproductible, il est traité secondairement par un logiciel (Matlab) en vue  d'une analyse spectrale [ [7] ], dont le but est l'identification des facteurs générateurs du contour de l'onde de pression.

 

Figure 2. Position du capteur de pression sur la paroi de l'artère radiale.

Figure 3. Courbe de pression artérielle radiale par rapport au temps.

Méthode 

La population statistique se compose de 17 personnes, à prédominance féminine (76%) et d'un âge moyen de 53 ±18 ans.

Elle se repartit en 10 personnes saines cliniquement et 7 malades (4 carcinomes intestinaux, 2 carcinomes du col utérin, 1 leucémie lymphoïde chronique).

La sphygmologie moderne nous apprend que la courbe de variation de pression artérielle radiale, varie avec l'âge (figure 4), ainsi qu'en fonction d'autres paramètres tels que la rigidité des parois artérielles, artériosclérose, maladies métaboliques&etc. [ [8] ].

Figure 4. Variation de la courbe de pression artérielle radiale en fonction de l'âge [ [9] ].

Devant l'absence de courbe standard, il nous est impossible de comparer la courbe sphygmométrique de chaque patient à une référence, même en fonction de l'âge. Toutes les courbes de pression artérielle radiale ont une allure commune, mais possèdent une individualité qui leur est propre.

La dynamique du tonus de la paroi artérielle est en grande partie due à l'action du système nerveux végétatif, dans son versant orthosympathique. Celui-ci est directement sollicité lors de tout phénomène de stress endogène comme exogène. Il répond par un retentissement vasculaire segmentaire local, loco-régional comme général, en fonction de l'importance de la perturbation. Notre hypothèse de travail est ainsi formulée : si les acupuncteurs, à l'aide de la palpation du pouls radial peuvent détecter une anomalie de fonctionnement d'un organe, il serait donc logique de percevoir une anomalie de la courbe de pression artérielle dans le compartiment circulant. La forme de la courbe de pression artérielle provient de l'interaction d'un liquide sous pression (le sang), en propagation par rapport à son contenant, la paroi vasculaire, dont le tonus est réglé par l'action du système de régulation, le système neurovégétatif. Si le trouble persiste, car non régulé, serait-il alors possible de noter cette perturbation sous la forme d'une variation partielle de la dynamique de cette courbe. Notre étude va donc porter sur la stabilité spectrale de ce signal vasculaire sur un cours laps de temps de repos. L'analyse spectrale devrait nous confirmer l'existence, entre deux mesures, soit d'une stabilité du signal (reproductibilité lors d'une régulation compétente) soit d'une instabilité, lors d'une régulation incompétente, dépassée. Une fois enregistrée, ces deux courbes sont transformées dans le domaine des fréquences par la transformée de Fourier. Sont donc comparées deux courbes de variation de pression dans un intervalle de temps de dix minutes. À partir de là, chaque signal sphygmologique apparaît sous la forme d'une matrice de deux colonnes et 81 lignes. La première colonne représente les fréquences échelonnées de 0 Hz à 40 Hz, la deuxième, les puissances spectrales associées à chacune d'entre elles. Une fois obtenues ces matrices de 2 x 81, les 2 colonnes de puissance sont comparées entre elles, initiale et finale (après 10 minutes de repos). La formule de comparaison utilisée est la suivante : [(Puissance initiale  puissance finale) / puissance initiale * 100]. Ce pourcentage permet à la fois de quantifier le changement pour chacune des fréquences et d'en connaître de manière individuelle, le sens (augmentation ou réduction) par rapport au stade initial. Si le patient est en bonne santé, il n'existe ainsi pas de variation, après transformée de Fourier.