Recherches sur les origines et la formation de la médecine traditionnelle chinoise : Un guide de référence du classique de l'intérieur de l'empereur Jaune Huang di Nei Jing et ses origines

NASTARI-MICHELI Ernesto      

Paris : Editions Springer-Verlag France, 2012      

-201 p.; 15,7 cm x 23,6 cm. Broché, biblio.      

ISBN 978-2817801896 : 45€      

 

 

Voici un ouvrage attendu, un ouvrage qui ravira tous les amateurs de la Tradition à la recherche de l’origine de la Médecine Chinoise. Ernesto Nastari-Micheli nous montre que cette œuvre qui peut être considérée comme l’équivalent extrême-oriental du Corpus hippocratique, de part le fait qu’il s’agit d’un ensemble de traités composites amalgamés sur plusieurs siècles, est essentielle à la compréhension de la philosophie qui sous-tend la pratique de l’acupuncture.

Ainsi comme le Corpus hippocratique qui fut longtemps attribué à une seule personne, Hippocrate (-460, -379 AEC), le Huangdi neijing aurait été écrit également par un seul homme, le légendaire empereur Huang Di ayant vécu à une période incertaine du IIIème millénaire AEC. Mais l’auteur démontre bien que le corpus médical chinois n’a pu être rédigé avant -300 AEC et cela parce que les différentes théories du yin-yang et des Cinq Phases que l’on retrouve dans une majeure partie de l’œuvre ne peuvent pas être antérieures à l’époque de Zou Yan (鄒衍)(-305 -240 AEC), philosophe de la fin de la période des Royaumes Combattants de l’École du yin et du yang et de l’école des Cinq Éléments. La seconde limite temporelle serait celle du Zhenjiu  jiayi jing (l’ABC d'Acupuncture et de Moxibustion), premier ouvrage de «vulgarisation» de la médecine chinoise. Huang Fumi fit une synthèse des données de la médecine chinoise de son époque, des conceptions théoriques traditionnelles du Taoïsme à la pratique clinique et thérapeutique, à partir de trois ouvrages, dont le Suwen.

Ernesto Nastari-Micheli va donc décrire l’origine et l’histoire du Huangdi neijing, constitué de ses deux parties bien distinctes le Suwen et le Zhenjing qui devint sous la dynastie des Tang le Lingshu. Il réalise une analyse philologique en comparant minutieusement les textes parvenus jusqu’à nous. On notera tout particulièrement les célèbres manuscrits de “Mawangdui” (168 AEC) [[1]], mais aussi ceux moins connus de Zhangjiashan (non complètement traduits en langue occidentale) ; les récits de documents qui se réfèrent à des données médicales, comme le chapitre 105 du Shi ji (Mémoires de l’historien) concernant les médecins Bianque (de son vrai nom Qin Yueren), Cang Gong (Chunyu Yi) ; le Han shu (Histoire des Han antérieurs -210, +23 EC) qui contient le traité Yi Wen Zhi, ouvrage comprenant lui-même une section médicale Fang ji (avec en autres livres médicaux le Huandi neijing en dix-huit volumes) ; le Zhenjiu  jiayi jing de Huang Fumi (215-282) ; le Huangdi neijing tai su de Yang Shangshan (qui disparut de Chine mais heureusement fut transmis au Japon).

L’auteur montre donc l’extraordinaire transmission de ce livre essentiel à la pensée thérapeutique chinoise. Il termine avec une très intéressante étude statistique sur la comparaison philologique entre Suwen et Lingshu à partir des vingt-cinq cas cliniques du médecin Cang Gong. Enfin, cerise sur le gâteau, nous découvrons en fin de livre une imposante bibliographie des sources chinoises à la fois anciennes et modernes, des sources occidentales et toutes les traductions actuelles du Huangdi neijing en langues occidentales. Bref, un régal pour tout sinologue ou acupuncteur désirant retourner à la source des Classiques.

 

Références

[1]. Stéphan JM. Les Textes Classiques : Yijing, Neijing, Nanjing, Shanghanlun, Jiayi jing, Dacheng. Acupuncture & Moxibustion. 2010;9(4):290-301. Available from: URL: https://www.meridiens.org/acuMoxi/neufquatre/stephan-classiques.pdf.