Needles, herbs, Gods, and Ghosts. China, Healing, and the West to 1848
Linda L.Barnes

Cambridge, Massachusetts 

London, England : éditions Harvard University Press, 2005, 458 pages ; Illustrations N&B, 16 x 23,5 ; 31,95£ ; 49,95$ ; 42,50€

ISBN : 2-226-11649-4

Linda L. Barnes est maître de conférences en Pédiatrie et Médecine de famille à la Faculté de Médecine de Boston (USA) et Professeur Associé en Médecine Sociale à l’Havard Medical School à Boston.

Les relations entre la Chine et l’Occident ne se limitent pas aux échanges commerciaux et culturels de Marco Polo (1254-1323) et de son père Niccolò. Willem van Ruysbroeck (1215-1270) à la cour de Möngke Khan à Karakorum relate dans son journal les pratiques de l’alchimie chinoise, particulièrement des élixirs de longévité qui permettaient d’acquérir l’immortalité. Roger Bacon (1214-1294), médecin et alchimiste s’en inspira. Bien avant eux, au second siècle avant JC, les romains suivirent la Route de la Soie jusqu’à la Chine du Nord. Plus tard, la dynastie Tang (618-907) commerça avec l’Italie. Puis vint l’époque Ming (1368-1644) et l’établissement des missions Jésuites, Dominicaines et Franciscaines dont le missionnaire le plus célèbre est sans nul doute le jésuite Matteo Ricci (1552-1610). Suivit le jésuite Michael Boym (1612-1659) qui s’intéressa à la flore chinoise (1656) puis à la sphygmologie. Le premier écrit d’acupuncture fut le fait d’un chirurgien hollandais de la Dutch East India Company, Dane Jakob de Bondt (1592-1631).

 

 

En parcourant ce livre passionnant, vous découvrirez comment Andreas Cleyer, John Floyer, Willem Ten Rhijne (qui écrivit le premier essai médical sur l’acupuncture en 1683), Engelbert Kaemper, puis au 18e et 19e siècle, Dominique Larrey [1], Vicq d’Azyr, Louis Berlioz, Pierre Pelletan Jr, Jean-Baptiste Sarlandière, Jules-Germain Cloquet, Haime, James Morss Churchill et tant d’autres ont contribué à introduire en Occident et essayer de comprendre cette médecine orientale qui leur paraissait plus proche de pratiques magiques que de médecine.

Linda L. Barnes expose de main de maître quand et comment l’Occident a découvert les traditions médicales de la Chine. En effet, la plupart des acupuncteurs anglo-saxons ont découvert l’anesthésie acupuncturale et l’acupuncture suite à l’appendicectomie du journaliste James Reston du New York Times lors du voyage en Chine du Président Nixon en 1971. En France, on s’imagine que l’acupuncture fut introduite par George Soulié de Morant en 1929, date de son premier article. Bref, il n’en est rien et Linda L. Barnes nous retrace cette grande épopée avec le seul regret qu’elle ne soit réservée qu’aux lecteurs anglophones. Le second regret, c’est peut-être de ne pas avoir abordé justement les écrits de Georges Soulié de Morant.

1.Mémoire d’acupuncteur. Dominique Larrey, chirurgien de la Garde Impériale et les moxas. Acupuncture & Moxibustion.2004;3(2):139.