La Médecine coréenne

              RICONO Pierre

              Paris : Éditions Grancher (Collection ABC), 2016

              -  432 p.; 16 cm x 21,5 cm. Broché, Illustrations et Biblio.

              ISBN : 978-2733913628 : 29 €

 

 

 

La Corée compte selon l’auteur 15% de tradipraticiens. Leur formation est de quatre années après le bac parfois prolongées d’un doctorat pour 9% d’entre eux. 86 % de la population recourt à la Médecine Traditionnelle Coréenne (MTK, Hanbang en coréen) pour traiter principalement des troubles loco-moteurs et digestifs. Les dépenses se comptent en milliards de dollars. Les médications sont végétales.

En 2013 a été publiée en sept volumes la traduction anglaise du Dongui bogam, ouvrage fondateur de la médecine traditionnelle coréenne, vieux de 400 ans et inscrit par l’Unesco sur la liste du patrimoine « Mémoire du monde ».

La théorie des quatre constitutions ou Médecine Constitutionnelle Sasang (SCM) est une spécificité coréenne. Elle définit quatre morphotypes humains Tae yang, Tae Eum, So yang et So eum (correspondance chinoise : so pour shao et eum pour yin). Elle est issue du Dongui Susebowon (Longévité et préservation de la vie dans la Médecine orientale) paru en 1901 dont l’auteur est Lee Jema. La différenciation repose sur celle de l’importance de quatre viscères et quatre entrailles et en donnant au Cœur une nature spirituelle (et donc exclu des Organes). Son succès populaire repose en partie sur la volonté de se différencier de la MTC (Médecine Traditionnelle Chinoise) et de la médecine occidentale. On notera cependant que de nombreuses prescriptions médicales sont issues du Shanghanlun (Traité des atteintes du froid) du début du 3siècle de notre ère qui est un traité de pharmacopée chinoise.

De ce fait, la MTK s’inspire de la MTC et en est issue, comme la tradition confucéenne marque la culture coréenne et les trigrammes leur drapeau national (Corée du Sud). Les quatre constitutions se déclinent au niveau psychologique et des maladies.

Parmi les thérapeutiques, l’alimentation est adaptée à chaque constitution. Par exemple, le célèbre kimchi (difficilement absorbable pour un Européen) dont l’équilibre eum-yang tient à sa nature chaude (chou fermenté et piment) et froide (radis et d’ail).

 

Cet ouvrage didactique est une bonne approche pour le lecteur candide qui souhaite connaître cette médecine orientale. L’auteur insistera beaucoup sur les exercices physiques, les recommandations alimentaires, les tisanes et thés médicinaux et la pharmacopée (hanyak) pour les quatre constitutions Sasang. Par contre, vous ne trouverez qu’une petite trentaine de pages concernant les moxibustions coréennes (tteum), l’acupuncture Saam et la pharmacupuncture (yakchim). Et si vous souhaitez en apprendre davantage, on ne peut que vous conseiller de vous replonger dans ces deux articles consacrés à l’acupuncture au centre médical de l’Université Kyung Hee de Séoul [1,2] ou ceux retraçant l’histoire de l’acupuncture Saam et de la pharmacupuncture [3,4].

Les quatre types constitutionnels : le type Tae yang in (太 阳 人) a un Poumon puissant et un Foie faible ; Tae eum in (太 阴 人) a un Foie puissant et un Poumon faible ; So yang in (少 阳 人) a une Rate puissante et des Reins faibles ; So eum in (少 阴 人) a des Reins puissants et une Rate faible.

 

 Références

1.       Sautreuil P, Josset P, Koh BH. Acupuncture au Centre Médical de l’Université Kyung Hee de Séoul, Corée du sud (1e partie). Acupuncture & Moxibustion. 2008;7(4):349-355.  

2.       Sautreuil P, Josset P, Koh BH. Acupuncture au Centre Médical de l’Université Kyung Hee de Séoul, Corée du sud (2e partie). Acupuncture & Moxibustion. 2009;8(1):33-38.  

3.       Lee KH, Cho YY, Kim S, Sun SH. History of Research on Pharmacopuncture in Korea. J Pharmacopuncture. 2016;19(2):101-8.

4.       Park M, Kim S. A Modern Clinical Approach of the Traditional Korean Saam Acupuncture. Evid Based Complement Alternat Med. 2015;2015:703439.