Shonishin: Japanese Pediatric Acupuncture

                                                  BIRCH Stephen

                                                  Stuttgart : Thieme Publishing Group, 2016

                                                  -360 p.; 17,5 cm x 24,4 cm. Relié, Illustrations et Biblio.

                                                  ISBN : 978-3131500625: 91,18 €

 

 

 

L’acupuncture pédiatrique japonaise, encore dénommée shonishin est une méthode d’acupuncture sans pénétration de la peau par les aiguilles. Tapotement, frottement ou effleurement, pression ou léger grattage sont les techniques qui nécessitent l’utilisation d’outils spécialisés. Pour le tapotement, on pourra appliquer le herabari, le heragata, le chokishin ou le yukoshin. Le teishin, l’enshin, le yoneyama, le choto ou encore le chokishin permettent le frottement ou l’effleurement. Pour la pression, on peut encore utiliser les instruments comme le teishin, ce genre de poinçon en métal ou argent mais aussi les petits enshin. Enfin les instruments de grattage sont le karibari, le hokishin en brosse, le rouleau et encore le chokishin.

 

 

 

 

 

Le shonishin se pratique essentiellement sur le nourrisson, le bébé et le jeune enfant. Le soin bref, variant d’une à cinq minutes, voire à une vingtaine de minutes pour un enfant plus vieux est réalisé par le médecin. Après un petit apprentissage, la mère ou le père pourront même poursuivre le traitement à la maison.

Mise au point au XVIIe siècle, cette technique acupuncturale spécialisée pour les enfants était pratiquée à Osaka au Japon. Mais initialement, c’est dans le Huangdi neijing lingshu et spécialement dans le premier chapitre « Des neuf aiguilles » que l’on retrouve en fonction de leur forme et de leur emploi différents une catégorie d’aiguilles en forme de bâton : aiguilles à tête ronde (yuan) et aiguilles émoussées (ti), non blessantes, utilisées pour masser et presser les points [[1]]. Les fondements de traitement du shonishin correspondent en grande partie à la thérapie méridienne japonaise (Keiraku chiryo) de Yanagiya Sorei [[2]] modifiée pour l’enfant. Et contrairement à l’acupuncture traditionnelle pédiatrique dont l’efficacité commence à être évaluée [[3]], le shonishin ne l’est pas encore.

Le kit complet de shonishin.

Quoi qu’il en soit, Stephen Birch nous offre un très bel ouvrage, magnifiquement documenté par graphiques, photos et même vidéos très didactiques visibles sur le site de l’éditeur qui vont vite vous permettre de plonger dans l’univers du shonishin. Vous apprendrez ainsi la technique de pratiquer l’effleurement ou une pression avec un teishin tout en suivant le trajet d’un méridien de façon à régler un problème digestif chronique, des troubles du sommeil, les problèmes ORL à répétition, mais aussi un eczéma atopique, et cela, sans faire pleurer le nourrisson. Le livre est bien documenté par de très nombreux cas cliniques. Stephen Birch va même plus loin en associant shonishin avec d’autres techniques comme les minuscules aiguilles intradermiques similaires à celles d’auriculothérapie, ou les techniques de moxibustion japonaise (okyu, chinetsukyu) [[4]] ainsi que l’utilisation des ventouses, la phytothérapie chinoise et la saignée des points jing [[5]]. Un seul regret, c’est que les non-anglophones devront attendre la traduction française.

 Références

[1]. Bai Xinghua. L’acupuncture à l’aiguille métallique est-elle issue de la thérapeutique au poinçon de pierre. Acupuncture & Moxibustion. 2006;5(3) :195-201.

[2]. Stéphan JM. Yanagiya Sorei et la Keiraku chiryo. Acupuncture & Moxibustion. 2012;11(4):234.

[3]. Roos-Bernard S. L’acupuncture en pédiatrie : enquête auprès des médecins acupuncteurs. Acupuncture & Moxibustion. 2016 :15(4) :269-275.

[4]. Stéphan JM. Une introduction à la moxibustion japonaise par Felip Caudet Piñana. Acupuncture & Moxibustion. 2013;12(3):253-254.

[5]. Evangelista P. La saignée des points périphériques. Compte-rendu ces actes du congrès de l’AFA, le puits (jing). 2,3,4 octobre 2015 ; Pont-à Mousson, France.2015. p.17-32.