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Inhibition de la COX-2

La production des prostaglandines s'accroît en milieu de gestation jusqu'à l'approche du terme, en corrélation avec une variation de l'expression des enzymes responsables de leur production. Par exemple, l'expression de la cyclooxygénase constitutive (COX-1) dans le myomètre diminue à terme, tandis que celle de la forme induite (COX-2) augmente. Par ailleurs, I'expression de COX-1 n'est pas modifiée par le travail alors que celle de COX-2 diminue, soulignant 1'existence d'un contrôle différentiel de ces enzymes. A l'inverse, l'expression de COX-2 augmente dans l'amnios avec le travail, suggérant que cette isoforme serait impliquée dans l'initiation du travail, et pourrait représenter une cible pour des inhibiteurs spécifiques de la synthèse des prostaglandines. Au fur et à mesure de l'évolution de la grossesse, les concentrations utérines en prostaglandines augmentent donc. On sait que les prostaglandines E1 et E2 favorisent la dilatation du col et les contractions utérines, particulièrement en fin de grossesse. C'est pourquoi la régulation de la concentration utérine des prostaglandines joue un rôle important dans l'accouchement.

Le point GI4 (hegu) a été puncturé dans deux groupes de rates gravides et non gravides afin d'évaluer son efficacité dans l'expression des enzymes COX-2 et dans la motilité utérine. Que les rates soient gravides ou pas, la localisation immunohistologique de l'enzyme COX-2 est principalement retrouvée dans l'endomètre utérin et faiblement dans le myomètre. En cas de grossesse, le niveau de l'expression est intensifié dans ces deux endroits, mais est réduit par l'acupuncture au point GI4. La perfusion de prostaglandines F2 alpha (PGF2) chez les rates gravides augmente l'expression COX-2 dans le myomètre, mais la diminue dans l'endomètre. Par ailleurs, la motilité utérine est réduite de 67% chez les rates non gravides, et de 75% chez les rates gravides lors de la stimulation acupuncturale au point GI4. La perfusion de PGF2 alpha chez les rates gravides augmente la motilité utérine de 117,3%. Une réduction statistiquement significative de la motilité utérine chez les rates gravides montre donc le rôle du point d'acupuncture GI4 qui inhibe l'expression de l'enzyme COX-2, d'où inactivation des prostaglandines [5] .

Réguler la concentration de prostaglandines dans l'utérus est donc un facteur principal pour contrôler la durée du travail. Or nous venons de le voir, la synthèse des prostaglandines dans l'utérus est sous la dépendance de la cyclooxygénase-2 (figure 1). En 2003, les mêmes auteurs, poursuivant leurs travaux sur les rates gravides, ont démontré que le traitement acupunctural au point RA6 (sanyinjiao) contrôle aussi la motilité utérine pendant la grossesse [6] . Dans cette étude, une analyse immunohistochimique a objectivé que l'enzyme COX-2, principalement retrouvée dans l'endomètre et le myomètre de l'utérus de rate, voit son expression s'intensifier au cours de la grossesse, mais se réduire suite à un traitement par acupuncture pendant 30 mn au point RA6. De même sous acupuncture, la motilité utérine est réduite de 28,15% (p < 0,05) chez les rates gravides et de 19,88% (p < 0,05) chez les rates non gravides. La réduction statistiquement significative de la motilité de l'utérus gravide objective à nouveau le rôle inhibiteur de l'expression de la COX-2 pendant la grossesse du point d'acupuncture RA6, comme celui du GI4.

 

Figure 1. La cyclooxygénase-2 ( COX-2)

 

 

En conclusion, comme des molécules célèbres de la famille des coxibs (célécoxib et rofécoxib), on peut considérer RA6 et GI4 comme des inhibiteurs sélectifs de la cyclo-oxygénase de type 2, mais sans leurs effets délétères.