LETTRE A LA REDACTION


 

Acupuncture, stérilisation et législation

 

Je félicite le Dr Stéphan pour la clarté de son exposé et pour l'évidence de sa conclusion. Nous souhaitons  que cet article contribue à éclairer les derniers acupuncteurs réticents à l'utilisation de l'usage unique. Trois sujets de réflexion me viennent cependant à l’esprit :

-  Les aiguilles à usage unique

 En effet, il est bien indiqué que les aiguilles jetables ne devaient pas être réutilisées. Vous savez aussi que les aiguilles doivent être marquée CE comme tout matériel médical. Or il n'existe pas à ma connaissance d'aiguilles d'acupuncture réutilisables marquées CE. Donc l'utilisation de l'usage unique devient de facto la seule solution disponible. De toutes les façons, comme le Dr Stéphan le précise clairement dans son article et comme on le retrouve dans d'autres articles de la même revue l'important est d'utiliser des aiguilles stériles à usage unique et de ne les utiliser qu'une seule fois.

Bien sûr, nous le répétons depuis des années aux acupuncteurs de France et d'Europe. C'est même le positionnement originel et intransigeant de Marco Polo Direct en faveur de l'usage unique qui nous a donné la première place en Europe dans le marché des aiguilles d'acupuncture. Mais comme ceci concourt à notre fonds de commerce, il est naturel que les médecins prêtent parfois une oreille méfiante à nos propos.

Sachez que nous avons presque chaque semaine une demande pour des "tubes pour conserver les aiguilles" ou comme hier un médecin acupuncteur qui nous dit au téléphone  "je vous achèterai des aiguilles à usage unique si vous me garantissez que je peux les ré-utiliser au moins 4 à 5 fois" (sic).

Il reste donc du travail à faire ! Pour nous, il est donc particulièrement important que les médecins acupuncteurs reçoivent l'information scientifique par l'intermédiaire de leurs revues professionnelles ou de leurs associations. Ceci ne peut que renforcer la crédibilité de l'information.


- La destruction des prions

J'ai joint un spécialiste, Mr. Neyssen, par ailleurs directeur de l'unité ISOTRON France (entreprise de stérilisation par rayonnement gamma). Selon ses explications il n'existe aucune méthode permettant de s'assurer de l'élimination des prions. Il semble donc en désaccord avec l’article qui présente la vapeur d'eau saturée comme une méthode efficace pour cela.

- La Pharmacopée Européenne 

Il n’est pas fait référence à une autre partie de la réglementation qui est pourtant celle qui donne la définition de la stérilité et qui définit les moyens d'y parvenir et de la contrôler. Je veux parler de la Pharmacopée Européenne.

 

Gérard FRAUX

MARCO POLO DIRECT

 Z.I. Fonlabour, 81012 ALBI Cedex 9, France

 www.marcopolo-direct.com

Tel +33 563 477 477

Fax +33 563 472 231

e-mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 
Référence 

  1. Stéphan JM : Acupuncture, stérilisation et législation . Acupuncture & moxibustion 2003;2 (1-2) :73-75

 

Attention, c'est déjà arrivé !!

incidents et accidents attribués à l'acupuncture

 

 Fasciite nécrosante chez un diabétique après acupuncture

 

Arrivée aux urgences du CHU de Kuala Lumpur en Malaisie, une femme de 55 ans, diabétique, présentait de multiples fistules purulentes au dessus du genou droit. Depuis 3 mois, elle était traitée par acupuncture en raison d'une gonarthrose bilatérale, sa dernière séance datant d'une semaine. L'acupuncteur passait les aiguilles au dessus de la flamme d'une bougie. La peau de la patiente était nettoyée à l'aide d'un simple tissu humide sans désinfection préalable. Deux jours après la dernière séance le genou droit montrait de multiples fistules purulentes douloureuses au niveau des points de puncture (figure 1) ; le genou gauche en était indemne, excepté les traces de puncture (figure 2). Comme le traitement antibiotique par sulbactam-ampicilline (Unacim ®) en intraveineux n'était pas efficace, le diagnostic de fasciite nécrosante étant posé, une résection chirurgicale large des tissus infectés suivie d'une greffe cutanée fut réalisée du genou au pli de l'aine, mais sans succès dans un premier temps. Un second débridement chirurgical (figure 3) et l'addition d'un autre antibiotique de la classe des aminoglycosides furent nécessaires après la découverte de pseudomonas dans les tissus mis en culture. Cinq semaines d'hospitalisation permirent néanmoins la guérison.

Suite à cette observation, et considérant que de plus en plus de diabétiques âgés utilisent l'acupuncture dans le traitement de l'arthrose, les auteurs préconisent des directives de bonne conduite, à savoir que les acupuncteurs doivent posséder les notions essentielles de l'anatomie, et surtout avoir une connaissance primordiale de l'hygiène et de la stérilité : aiguilles à usage unique et désinfection de la peau. Chaque acupuncteur doit en outre être capable d'identifier les cas à hauts risques infectieux, en particulier les diabétiques et les porteurs d'implants prothétiques, chez qui les précautions d'usage doivent être impératives.

Saw A, Kwan MK, Sengupta S. Necrotising fasciitis: a life-threatening complication of acupuncture in a patient with diabetes mellitus. Singapore Med J 2004;45(4):180-2.