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Les études cliniques

 

En médecine chinoise et selon le Suwen, 44 [[18]], la SEP peut être considérée comme une « paralysie atrophique wei ». Maciocia décrit cinq stades selon la différenciation des syndromes (bianzheng) : Humidité – Glaires qu’il considère comme le stade initial, Vide de l’Estomac et de la Rate (stade intermédiaire), Vide de Sang, Vide du Foie et des Reins et enfin Vent du Foie qui sont les stades évolués [[19]]. Sun, un auteur chinois propose quant à lui, quatre bianzheng : Chaleur-Humidité, Vide de yang des Reins, Vide de yin de Foie et des Reins, Vide de yin et de Sang avec Vent interne [[20]]. Quoi qu’il en soit, au stade de début, l’Humidité provoque lourdeur des jambes, vertiges, paresthésies, troubles de la vision alors qu’au stade évolué le Vide de Foie et Reins, le Vent interne du Foie engendrent incontinence urinaire, tremblements, douleurs de type neuropathique, paraplégie, faiblesse et spasticité des membres inférieurs.

Les essais cliniques et études de cas cliniques sont peu nombreux. En 1986, dans une série de vingt-huit personnes, Steinberger rapporte une amélioration des symptômes précoces de la SEP mais ils sont difficilement interprétables du fait du manque de groupe témoin et de l’évolution capricieuse de la maladie [[21]]. Karpartin et coll. ont décrit onze études [[22]]. Deux examinent les effets de l’acupuncture dans la douleur [[23],[24]], une sur la spasticité [[25]], trois sur l’asthénie [[26],[27],[28]] et cinq sur la qualité de vie des patients [[29],[30],[31],[32]], dont une s’intéressant aux patients ayant une vessie hyperactive [[33]]. Seules deux études sont des ECR de bonne qualité méthodologique mais avec une population faible, quatorze dans l’ECR en simple insu de Donnelan et coll. [29], et trente et un dans le second de Quispe-Cabanillas et coll. [30]. L’ECR de Donnelan en simple aveugle, appliquant la norme méthodologique STRICTA [[34]] évalue l’acupuncture minimale factice (puncture à distance des vrais points d’acupuncture) et acupuncture véritable avec recherche du deqi. Le traitement appliqué deux fois par semaine durant cinq semaines consécutives repose sur les bianzheng (Humidité et Vide de qi de Rate, syndrome bi, Vide de Sang et Vent interne de Foie, Vide de yang des Reins). Ils objectivent que l’acupuncture minimale est supérieure (p=0,04) à l’acupuncture véritable évaluée par l’échelle MISS-29 (Multiple Sclerosis Impact Scale 29) [[35]] dans les symptômes de la phase secondairement progressive de la SEP. Les auteurs expliquent ces résultats par le fait que l’acupuncture minimale est une technique malgré tout invasive et va provoquer des effets physiologiques. Pour les personnes atteintes de SEP, elle peut représenter un stimulus thérapeutique mieux adapté. Toutefois, il est difficile de conclure avec un si petit échantillon et un laps de temps court.

Plus intéressant, l’ECR de Quispe-Cabanillas est un ECR en double aveugle (patient et évaluateur en insu) concernant des personnes atteintes de SEP dans leur forme récurrente-rémittente bénéficiant d’un traitement immunomodulateur injectable à base d’interféron β associé à de l’électroacupuncture (EA) véritable ou factice (sham) une fois par semaine pendant six mois consécutifs. Le groupe EA (n=16) bénéficie d’une stimulation (EA 4 Hz, durée d’impulsion 0,5ms) des points zusanli (E36), sanyinjiao (6Rte), hegu (4GI), et quchi (11GI) et yintang (EX-HN3). Dans le groupe d’EA factice (n=15), les points puncturés à un cm du point véritable ne sont pas stimulés. Les critères de jugement de l’état clinique sont l'échelle EDSS (Expanded Disability Status Scale) [[36]] ; pour la douleur, échelle visuelle analogique (EVA) et pour la qualité de vie (Functional Assessment of multiple Sclerosis) [[37]]. Versus l’EA factice, l’EA tend à améliorer la qualité de vie observée par l’EDSS (p=0,055), alors qu’il est statistiquement significatif à l’échelle FAMS (p=0,005). De même, l’EA réduit de manière statistiquement significative les algies (p=0,014 dès le 3e mois de traitement et 0,0001 au 6e mois), ainsi que l’état dépressif. Les auteurs remarquent aussi l’amélioration d’autres symptômes, bien que non évalués tels que les spasmes, l’incontinence et la constipation. Ils notent que les échelles subjectives d’auto-évaluation (FAMS) se sont révélés être plus sensibles à l'amélioration des mesures cliniques que les mesures objectives (EDSS) réalisées par l’évaluateur neurologue.

Néanmoins, il est possible d’avoir une amélioration objective et chiffrée de la SEP. En 2011, Sautreuil et coll. avaient ainsi montré dans une petite série de cas l’intérêt de la neuroacupuncture par stimulation des triggers points spastiques dans la gestion des douleurs de type neuropathique mais aussi dans les troubles de l’équilibre observé sur plateforme stabilométrique avant et après acupuncture chez des patients atteints de SEP dans leur forme récurrente-rémittente [[38]].