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Grille de Jadad :

  1. randomisation citée, décrite et appropriée : 2 points
  2. insu-patient prouvé par un questionnaire mettant en évidence l’impossibilité de savoir dans quel groupe d’acupuncture le patient se situe. Validité du questionnaire par un test statistique mettant en exergue aucune différence significative entre les 2 groupes : 1 point
  3. insu-évaluateur. L’évaluateur est une infirmière, donc différente du thérapeute, et ignore à quel groupe appartient la patiente dont elle recueille les informations : 1 point
  4. sorties d’essai :  analyse en intention de traiter, mais de toutes façons pas de sortie : le nombre de patientes est identique au début et à la fin de l’essai : 1 point

Score : 5/5,   c’est à dire étude de haute qualité.

 

Qualité méthodologique.

Des études antérieures ont suggéré que l'acupuncture puisse réduire les nausées et vomissements. Cet effet thérapeutique pourrait provenir des effets spécifiques mais aussi non spécifiques de l'acupuncture liés à la relation-interaction patient-acupuncteur.

Apparemment, cette étude n’est pas originale, car pourquoi faire une énième étude démontrant l’efficacité de l’acupuncture dans les vomissements ?

En effet déjà une conférence de consensus avait émis un avis favorable sur cette efficacité (1). Malheureusement, on suspectait un effet placebo.

 L’étude clinique randomisée de Dundee objectivait un effet certain de l’acupuncture sur les vomissements. Mais existait un problème : biais de méthodologie et pas assez de patients dans le groupe placebo.(2)

Une revue systématique des études cliniques randomisées (3) et une méta-analyse (4) ont démontré également l’efficacité de l’acupuncture, mais en post-opératoire et non dans les vomissements post chimiothérapiques, comme ici.

 Donc premier intérêt de cette étude

 

Deuxième question méthodologique : pourquoi faire une étude sur l’acupuncture et les vomissements ? Que peut apporter l’acupuncture au monde scientifique médical ?

Les auteurs, non acupuncteurs, expliquent qu’ils sont démunis dans la thérapeutique antiémétique post-chimothérapique, car bien que de nouvelles molécules soient sorties, en particulier l’ondansetron, très efficace, celui-ci ne peut être utilisé avec le cisplatin et le cyclophosphamide, car entraînant  de nombreuses interactions. D’où le deuxième intérêt de cette étude.

 

Le troisième intérêt : prouver qu’il existe un effet bien spécifique de l’acupuncture. Et là, les auteurs l’objectivent bien, mais démontrent qu’il existe de plus un effet non spécifique, lié pour eux à l’interaction patient-médecin, l’acupuncture minimale étant plus efficace que la thérapeutique antiémétique isolée. Mais pourquoi faire un essai avec un groupe acupuncture minimale et non directement un groupe placebo ?

 

Il s’avère donc qu’il existerait outre les effets spécifiques de l’électroacupuncture, des effets non spécifiques liés vraisemblablement à une intervention comportementale. En effet, l’électroacupuncture minimale induit également une réduction de la fréquence des épisodes de vomissements. L'attention apportée au patient et l'interaction clinicien-patient peuvent être des explications possibles dans l'effet bénéfique de cette configuration.

 

Par contre, l’effet spécifique de l’électroacupuncture serait de moduler la sérotonine, la substance P, et les opiacés endogènes au niveau du système nerveux central.

La qualité méthodologique de cet essai passe aussi par la validité statistique. La taille et la puissance de l’étude sont tout à fait bien étudiées, correctes et, avec ce qui est rare, un intervalle de confiance bien spécifié et étroit pour toutes les statistiques. Une valeur de P=0,05 indiquait une signification statistique. Seul bémol, la distribution des résultats n’étant pas normale, car étant distribuée de manière dissymétrique, les tests statistiques choisis ont été des tests non paramétriques ( analyse de variance de Kruskall-Wallis suivie du Test de Wilcoxon pour séries appariées, utilisation des modèles de quasi-vraisemblance de Poisson et modèle d’équation d’estimation généralisée GEE pour les ajustements, test de Wald). De ce fait, ces tests sont moins puissants que les tests paramétriques et pourraient produire des résultats significatifs trompeurs.