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L’acupuncture et le counseling sont efficaces dans la dépression en soins primaires

 

Au seuil de l'éternité (1890), tableau de Vincent van Gogh souvent interprété comme représentant le désespoir ressenti dans la dépression (Kröller-Müller Museum, Gelderland, Pays Bas).

 

Dans un essai contrôlé randomisé, 755 patients souffrant de dépression (score ≥ 20 selon Beck Depression Inventory BDI- II) ont été recrutés dans vingt-sept centres de soins primaires en médecine générale entre décembre 2009 et avril 2011 dans le Yorkshire et dans le Nord-Est de l'Angleterre. Les patients ont été répartis de façon aléatoire dans l’un des trois groupes selon le ratio 2:2:1 pour recevoir l’acupuncture associée à la prise en charge habituelle (n=302), ou le counseling* associé à la prise en charge habituelle (n=302), ou uniquement la prise en charge habituelle (n=151).

Les patients des deux premiers groupes ont participé, en moyenne, à dix séances d'acupuncture selon un rythme hebdomadaire ou à neuf séances de counseling. La majorité (68,7%) des patients prenait des antidépresseurs au moment de l’inclusion. 

Le critère principal d’évaluation était la différence des scores moyens de l’auto-questionnaire PHQ- 9 (Patient Health Questionnaire) au bout de 3 mois, avec des analyses secondaires sur 12 mois de suivi. L'analyse a été faite en intention de traiter. Les données PHQ-9 ont été recueillies au moment de l’inclusion, puis au bout de 3, 6, 9 et 12 mois. Elles étaient disponibles pour 614 patients à 3 mois et pour 572 patients à 12 mois.

Par rapport à la prise en charge habituelle, il y avait une réduction statistiquement significative dans les scores moyens PHQ-9 de dépression à 3 mois et à 12 mois pour les groupes traités par acupuncture et par counseling. La différence entre l'acupuncture et le counseling n'était pas significative. La consommation d'antidépresseurs a diminué en moyenne de façon régulière de 12 % sur la période des 12 mois de l'étude.

Près de la moitié (47,9%) des patients prenaient des analgésiques au moment de l’inclusion. Ce taux est passé à 41,0 % au bout de 12 mois. Les résultats ont montré une diminution marquée de l'utilisation des analgésiques dans les 3 premiers mois chez les patients du groupe traité par acupuncture, mais qui ne s'est pas maintenue à la fin de l’essai. Cette étude est la première à évaluer de façon rigoureuse l’impact clinique et économique de l’acupuncture et du counseling par rapport à la prise en charge habituelle. L’acupuncture et le counseling sont tous les deux associés à une importante réduction des symptômes de dépression à court et à moyen terme, sans aucun événement indésirable grave.

*Définition du counseling : relation dans laquelle une personne tente d'aider une autre à comprendre et à résoudre des problèmes auxquels elle doit faire face.

 

MacPherson H, Richmond S, Bland M, Brealey S, Gabe R, Hopton A, Keding A, Lansdown H, Perren S, Sculpher M, Spackman E, Torgerson D, Watt I. Acupuncture and counselling for depression in primary care: a randomised controlled trial. PLoS Med. 2013 Sep;10(9):e1001518. doi: 10.1371/journal.pmed.1001518.